Le Pérou déclare « l’état d’urgence » et déploie une armée à la frontière chilienne

Le décret approuvé hier sera valable 60 jours dans les districts frontaliers de Palca, Tacna et La Yarada-Los Palos, dans la région de Tacna. Les principales raisons de cette décision ont été avancées comme suit :

Prendre des précautions contre l’augmentation significative du nombre d’immigrants sans papiers qui tentent de traverser le territoire chilien vers le territoire péruvien.

Faire face à l’augmentation des activités du crime organisé et aux problèmes d’ordre public dans les zones frontalières.

La déclaration de l’état d’urgence permettra aux forces armées péruviennes de jouer un rôle actif dans le contrôle et la surveillance des frontières, en soutien à la police nationale.

Contexte de la crise : retour du Chili

Le ministère péruvien des Affaires étrangères avait précédemment indiqué qu’il analysait une « crise migratoire en développement » à la frontière sud du pays.

Ces évolutions sont liées au durcissement des politiques d’immigration au Chili. En particulier, la possibilité que le candidat d’extrême droite à la présidentielle José Antonio Kast remporte les élections au Chili incite les immigrants irréguliers présents dans le pays à quitter le Chili et à tenter de passer au Pérou par crainte d’être expulsés. Kast avait précédemment adopté une position dure, affirmant que « toutes les personnes sans papiers dans notre pays ont encore 103 jours pour partir volontairement ».

La plupart des immigrants qui se rassemblent à la frontière et souhaitent entrer au Pérou déclarent vouloir retourner dans leur pays.

Cette situation a entraîné des embouteillages, des tensions aux postes frontaliers des deux pays et même des blocages sur l’autoroute Panamericana Sud.

La coopération bilatérale est à l’ordre du jour

Suite à la crise, le ministère péruvien des Affaires étrangères a annoncé qu’il créerait à partir de lundi un comité bilatéral de coopération migratoire avec le Chili pour gérer la situation.

Le président de transition péruvien, José Jerí, a déclaré que l’insécurité dans le pays était en grande partie due à la négligence des frontières et a demandé aux forces armées d’apporter leur soutien dans les zones frontalières.