Selon le projet de loi, la date des élections sera déterminée par la commission de la Knesset dans un délai d’au moins 90 jours et d’au plus cinq mois après l’adoption de la loi. Toutefois, les élections doivent dans tous les cas avoir lieu avant le 27 octobre, date à laquelle se termine la législature en cours.
Crise avec les partis ultra-orthodoxes
Le projet de loi a été présenté comme une conséquence directe de la rupture avec les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition.
Le rabbin Dov Lando, chef spirituel du parti Degel HaTorah, a demandé aux législateurs de prendre des mesures pour dissoudre la Knesset « dès que possible ». « Nous ne faisons plus confiance à Netanyahu », a déclaré Lando.
Suite à cette déclaration, l’aile lituanienne du parti Judaïsme unifié de la Torah a cessé de coordonner les votes avec la coalition.
Les partis ultra-orthodoxes accusent Netanyahu de ne pas tenir sa promesse. Au centre du débat se trouve une loi qui exempterait définitivement les jeunes ultra-orthodoxes étudiant dans les yeshivas, qui sont des écoles religieuses, du service militaire obligatoire.
Netanyahu essayait depuis des semaines d’empêcher ces partis de soutenir la dissolution de la Knesset. Dans le même temps, il a indiqué que les négociations se poursuivaient sur un projet de loi de compromis. Cependant, l’annonce selon laquelle cette réglementation ne serait pas acceptée avant les élections a éliminé la principale raison pour laquelle les partis Haredi maintenaient la coalition en vie.
Déplacez-vous pour contrôler le processus
La fragilité de la majorité parlementaire de la coalition a également été révélée quelques heures avant le dépôt du projet de loi de dissolution.
Le gouvernement a retiré tous les projets de loi qui devaient être soumis en lecture préliminaire à la Knesset. Il s’agissait notamment d’une loi controversée sur les nominations qui donnerait au gouvernement le pouvoir presque exclusif de nommer et de révoquer les hauts fonctionnaires. Parmi ces responsables figuraient des noms critiques tels que le procureur général, le chef d’état-major général des forces de défense israéliennes, le directeur du Shin Bet et le commissaire de police.
L’opposition avait auparavant retiré ses propres propositions législatives. Il s’agissait de montrer que la coalition ne disposait pas de la majorité nécessaire pour faire adopter ses projets de loi.
La personne qui a officiellement présenté le projet de dissolution était Ofir Katz, responsable de la discipline de la coalition. Les députés du Judaïsme unifié de la Torah, du Shas, du Nouvel Espoir, du Sionisme religieux et d’Otzma Yehudit ont soutenu le projet de loi.
Avec cette démarche, la coalition visait à empêcher l’opposition. Parce que les partis d’opposition ont annoncé mardi leurs propres initiatives de dissolution et ont fait pression sur le président de la Knesset, Amir Ohana, pour qu’il tienne un vote préliminaire mercredi.
Différences sur la date des élections
Les divergences d’opinion persistent au sein de la coalition quant à la date des élections.
Degel HaTorah souhaite que les élections aient lieu le 1er septembre. Le partenaire de la coalition Shas, en revanche, préfère organiser les élections le 15 septembre, lors de jours importants dans le calendrier religieux juif. Selon le ministre Arye Deri, cette date pourrait apporter un avantage au parti en assurant une plus grande participation des électeurs traditionnels et religieux.
D’un autre côté, les responsables du Likoud et du Parti du sionisme religieux pensent qu’une élection prévue début septembre serait une erreur.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich fait pression pour que les élections soient reportées au 27 octobre. Smotrich a récemment adopté le budget final de l’État pour la session législative, mais son parti risque de ne pas atteindre le seuil électoral.
Les proches de Netanyahu souhaitent également prolonger le processus le plus longtemps possible. L’objectif est d’accumuler les succès militaires et diplomatiques susceptibles de renforcer leur position auprès de l’électorat.
Situation de l’opposition et sondages
L’opposition soutient également la dissolution de la Knesset. Pour cette raison, il semble presque inévitable que le projet de loi soit accepté.
Selon les règles parlementaires, le vote par anticipation ne peut avoir lieu avant lundi. Selon les médias israéliens, le texte pourrait être soumis au vote le 20 mai.
Le Likoud semble être le parti leader avec 26 sièges sur les 120 sièges de la Knesset, selon une enquête publiée mardi par la chaîne publique Kan. Ce nombre est inférieur aux 32 sièges obtenus au parlement actuel.
Le Likoud est suivi par Yesh Atid, le parti centriste du chef de l’opposition Yair Lapid, et Beyahad, la liste commune établie par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett le mois dernier. Cette alliance devrait obtenir 25 sièges.
Ils sont suivis par Yashar, le parti de centre-droit de l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot. Eizenkot est considéré comme un allié possible de Lapid et Bennett.
Les derniers sondages suggèrent que les partis d’opposition pourraient obtenir la majorité à la Knesset. Cependant, certains dirigeants de l’opposition, dont Bennett, refusent de former un gouvernement avec le soutien des partis arabes. Cela pourrait empêcher le bloc anti-Netanyahu d’obtenir la majorité pour former un gouvernement, même s’il remporte davantage de sièges.
Netanyahu : procès, problème de santé et nouvelles élections
Netanyahu, 76 ans, a dirigé Israël pendant plus de 18 ans au total depuis 1996. Cela fait de lui le Premier ministre le plus ancien de l’histoire du pays.
Netanyahu est toujours confronté à une affaire de corruption de longue date. Il a également révélé qu’il avait récemment subi une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate.
Malgré cela, Netanyahu a confirmé son intention de se présenter aux élections.
Lapid et Bennett ont annoncé que l’un des principaux axes de leur campagne électorale sera la mise en place d’une commission nationale d’enquête sur les attentats du 7 octobre 2023. L’objectif est de déterminer les responsabilités dans ces attaques, décrites comme la journée la plus meurtrière de l’histoire israélienne.
Une autre promesse de l’opposition est d’adopter une loi qui inclurait les Juifs ultra-orthodoxes dans le service militaire obligatoire.
Lapid a également qualifié le récent cessez-le-feu conclu avec l’Iran de « désastre politique ».