Les relations entre l’Algérie et les Émirats arabes unis ont été rompues, comment en sont-elles arrivées à ce point ?

48 HEURES POUR L’AMBASSADEUR

L’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis le 10 septembre 2026. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé que tous les moyens diplomatiques pour sauver les relations avaient été épuisés et que les actions « provocatrices et hostiles » des Émirats arabes unis étaient devenues inacceptables. L’ambassadeur des Émirats arabes unis a eu 48 heures pour quitter le pays.

DIFFÉREND DE NORMALISATION AVEC ISRAËL

Alors que les Émirats arabes unis normalisaient leurs relations avec Israël avec les accords d’Abraham de 2020, l’Algérie est devenue l’un des opposants régionaux les plus farouches à ce processus. La même année, le Maroc a également normalisé ses relations avec Israël. Ainsi, le rapprochement entre le Maroc, rival régional de l’Algérie, et les Émirats arabes unis avec Israël s’est transformé en une situation régionale qui a accru la méfiance de l’Algérie à l’égard d’Abou Dhabi.

ILS SONT DIVISÉS AU MAROC ET DANS LE SAHRA OCCIDENTAL

L’une des principales divisions régionales à l’origine de ces tensions était le conflit entre le Maroc et le Sahara occidental. Alors que les Émirats arabes unis soutiennent la revendication de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, l’Algérie est le principal soutien du Front Polisario, qui veut l’indépendance. En 2020, Abou Dhabi est également devenu l’un des premiers pays arabes à ouvrir un consulat dans le Sahara occidental contesté.

POSITIONS DE TENSION EN LIBYE

Les deux pays ont également adopté des positions différentes en Libye. Les Émirats arabes unis ont été l’un des principaux soutiens extérieurs de l’homme fort de l’est de la Libye, Khalifa Haftar, tandis que l’Algérie s’est opposée aux interventions étrangères et a préconisé une solution politique. La mobilité militaire des forces de Haftar dans la direction de Ghadamès, proche de la frontière algérienne, en 2024, a encore accru les inquiétudes sécuritaires en Algérie.