Crise de l’hantavirus au « bout du monde » : ce paradis touristique est-il le foyer de l’hantavirus ?

Le voyage du navire MV Hondius, mis en quarantaine dans les îles Canaries espagnoles et dont les passagers ont été évacués, a commencé le 1er avril à Ushuaia. Les soupçons selon lesquels le navire aurait été infecté par le virus là-bas ont déclenché un vaste débat entre les habitants et les autorités.

Les responsables de l’État de Terre de Feu, auquel appartient Ushuaia, ont fermement nié les allégations selon lesquelles ils seraient à l’origine du virus. Juan Facundo Petrina, directeur général de l’épidémiologie et de la santé environnementale de l’État, a déclaré dans sa déclaration à ce sujet : «Pas un seul cas d’hantavirus n’a été enregistré dans l’histoire de la Terre de Feu. Cette maladie n’a pas été rencontrée dans notre État depuis 1996, lorsque le virus a été inclus dans le champ de déclaration obligatoire.» dit-il.

Photo : Reuters

Petrina a souligné que l’espèce « souris à longue queue » porteuse du virus ne vit pas dans cette région et que les conditions climatiques (humidité et température) ne sont pas propices au développement du virus. Il a également souligné que la région est une île et qu’il est biologiquement très difficile pour les souris de traverser le détroit de Magellan et d’atteindre cet endroit.

THÉORIE DES DÉCHARGES ET DÉPLACEMENT DU GOUVERNEMENT ARGENTIN

L’une des affirmations les plus fortes est qu’un voyageur aurait pu être infecté dans une décharge à l’extérieur d’Ushuaia. On pense que cette zone, fréquemment visitée par les touristes pour l’observation des oiseaux, pourrait avoir attiré des rongeurs dans la région.

Le gouvernement national argentin a annoncé qu’il enverrait une équipe d’experts dans la région pour inspecter la décharge, malgré les objections locales. Cependant, lors de la visite de la BBC dans la région, il a été constaté qu’aucun travail actif sur le terrain n’avait encore commencé et que des dizaines d’oiseaux continuaient de survoler le champ.

Pour Ushuaia, ce débat n’est pas seulement un enjeu scientifique mais aussi économique. L’économie de l’État dépend fortement des voyages en Antarctique et du trafic maritime. 95 pour cent des navires à destination de l’Antarctique partent de ce port. La ville, qui accueille plus de 500 navires par an, craint l’image d’un «centre épidémique» avant la prochaine saison hivernale. Pour l’instant, aucune annulation officielle de la tournée n’a été signalée, mais les représentants de l’industrie continuent d’attendre avec impatience.

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Navire MV Hondius, où des cas d’hantavirus ont été observés…

QUI EST « NUMÉROS DE MALADE » ?

Les autorités sanitaires estiment que l’un des couples néerlandais décédés après avoir contracté le virus pourrait être le «patient numéro zéro». Avant que le couple ne monte à bord du navire, leurs itinéraires en Argentine, au Chili et en Uruguay ont été examinés par les registres frontaliers.

Les autorités chiliennes et uruguayennes n’ont pas accepté la possibilité que l’infection se soit produite dans leur pays, sur la base de la période d’incubation (1 à 8 semaines). Les experts estiment que le couple a probablement attrapé le virus sur les hauts plateaux de Patagonie, à 1 500 kilomètres au nord d’Ushuaia.

Pour l’instant, le mystère du navire MV Hondius n’est pas résolu. Ushuaia, connue comme la « fin du monde », attend les résultats du laboratoire national pour lever cette ombre.