Cette présidence suscite l’inquiétude dans les milieux européens, compte tenu des relations pour le moins difficiles entre les autorités de Bruxelles et de Budapest.
Cependant, même si le dirigeant hongrois s’est fixé pour objectif de «changer l’UE de l’intérieur», le Premier ministre hongrois Viktor Orban disposera d’une marge de manœuvre limitée.
Le slogan que la Hongrie a choisi pour sa présidence semestrielle de l’Union européenne, qui commence aujourd’hui, n’est pas entièrement aléatoire : «Make Europe Great Again», une référence claire au slogan de l’ancien président américain ultra-conservateur Donald Trump. L’ancien président américain n’a jamais caché sa proximité idéologique et politique avec la Hongrie de Viktor Orban.
Viktor Orban, proche du président russe Vladimir Poutine ainsi que de Donald Trump, pourrait profiter de cette présidence pour bloquer l’aide à l’Ukraine et apposer sa propre empreinte sur l’Union européenne, qu’il décriait depuis des années.
Orban veut laisser sa marque en Europe
La présidence hongroise sera toutefois limitée dans le temps car elle sera écourtée en raison des vacances d’été. De plus, cela coïncide avec une période de transition avec la mise en place du nouveau Parlement et de la nouvelle Commission européenne à Bruxelles. Cela réduira inévitablement les activités législatives.
Comme l’affirme depuis des mois l’ambassadeur hongrois auprès de l’Union européenne, Balint Odor, le rôle de la Hongrie sera essentiellement celui de médiateur et de coordinateur. Alors qu’Odor insiste sur le fait qu’il veut jouer la carte de la modération, le Premier ministre Orban a été accusé de jouer la carte du conflit.
aide à l’Ukraine
La présidence de Viktor Orban inquiète les milieux européens, qui constatent les relations assez compliquées entre Bruxelles et les autorités hongroises. Ces inquiétudes concernent notamment l’aide à l’Ukraine, que Viktor Orban a tenté de stopper à plusieurs reprises.
A la veille de prendre pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne, Viktor Orban a annoncé hier son intention de former un nouveau groupe parlementaire européen avec le parti d’extrême droite autrichien et la mouvance centriste de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis.
L’extrême droite européenne s’était divisée en deux groupes très différents au cours de la période précédente, avec des sièges ID (Identité et Démocratie) de l’Union nationale française, et ECR (Conservateurs et Réformistes) du parti Fratelli d’Italia du Premier ministre italien Géorgie. Meloni.
Récemment, les deux dirigeants politiques se sont rapprochés grâce à des discussions facilitées par l’exclusion du parti controversé allemand AfD du groupe ID, même s’il existe de profondes divergences entre les deux groupes, notamment sur la question ukrainienne. Cette exclusion faisait suite à des déclarations controversées ultérieures du parti allemand. Mais une fusion entre les deux groupes est encore loin.
L’idée d’un supergroupe d’extrême droite vole désormais en éclats
Dans ce contexte, l’annonce de Victor Orban selon laquelle son parti Fidesz souhaitait créer un nouveau troisième groupe d’extrême droite a détruit l’idée de créer un « super groupe » d’extrême droite au Parlement européen.
Au contraire, cette déclaration a fragmenté davantage ce mouvement politique. La participation du parti autrichien FPO à cette initiative baptisée «Patriots pour l’Europe» signifie que six députés jusqu’ici alignés sur ID quitteront le parti pour rejoindre ce troisième groupe d’extrême droite.