Une anomalie repérée par Fabien Droz dans l’eau a conduit l’archéologue Fabien Langenegger et le président de la Fondation Octopus, une association qui vise à préserver le patrimoine marin, à procéder à des plongées d’inspection. À la suite de ces plongées, une grande accumulation d’artefacts a été mise au jour. Il est vite devenu clair qu’il s’agissait de la cargaison d’un navire romain resté caché sous des couches de sédiments pendant des siècles.
Les analyses scientifiques ont permis de dater le naufrage de manière assez précise. Un échantillon de bois examiné selon la méthode du carbone 14 a montré que la charge remonte entre 50 avant JC et 50 après JC.
De plus, grâce à l’analyse dendrochronologique d’une fibule (broche militaire) et d’une pièce de bois trouvées dans la région, la datation est devenue plus claire et indiquée après 17 après JC.
Les fouilles, réalisées en deux étapes en 2025 et 2026, ont été réalisées dans une zone spécifique à une profondeur d’environ 8 mètres. Les archéologues ont travaillé systématiquement en divisant le site en sections et en retirant progressivement les artefacts. Le nombre total d’artefacts découverts à la fin des études dépassait les 1 000, révélant à quel point la découverte était extraordinaire.
L’importance de la découverte : que raconte le trésor sous-marin ?
Cette cargaison récupérée du lac de Neuchâtel est extrêmement remarquable par sa diversité et son état de conservation. Parmi les découvertes les plus remarquables figurent des centaines de céramiques presque entièrement intactes : assiettes, bols, tasses et plateaux. On pense que ceux-ci ont été produits très probablement en Suisse centrale.
De plus, des conteneurs d’huile d’olive importés d’Espagne ont également été trouvés. Cela fournit une preuve concrète de l’existence de routes commerciales à longue distance à l’époque romaine.
Les trouvailles liées à la vie quotidienne et aux transports sont également très intéressantes : des ustensiles de cuisine, des pièces métalliques, un panier en osier ou encore des roues de charrette parfaitement conservées. Ces découvertes indiquent l’existence d’un système logistique avancé combinant le transport terrestre et maritime.
La présence d’équipements militaires est particulièrement frappante : épées et divers outils utilisés par les légionnaires. Cela renforce la possibilité que la cargaison ait été envoyée à des soldats romains servant à la frontière du Rhin.
Les objets découverts aujourd’hui font l’objet d’un processus délicat de conservation et de restauration. Une fois les travaux terminés, cette collection unique sera exposée au Musée archéologique du Laténium à Hauterive dans la région du Lac de Neuchâtel. De plus, la Fondation Octopus prévoit de publier un livre et un documentaire sur cette découverte en 2027.