Tentative de coup d’État 23F : des appels téléphoniques entre le roi d’Espagne et les putschistes ont été annoncés

La chronologie commence à 17h00 le 23 février, alors que l’Assemblée générale était retransmise à la radio, et se termine à 05h10 le 24 février, lorsque Zarzuela reçut un télex de Milans del Bosch l’informant qu’il avait mis fin au soulèvement de Valence.

Durant cette période, le texte raconte heure par heure les conversations téléphoniques entre Zarzuela et les principaux acteurs de la nuit du coup d’État. Le procès-verbal indique l’heure des appels, les interlocuteurs et le sujet des conversations ; Cependant, les dialogues complets ne sont pas inclus, seules certaines expressions sont directement citées.

Qui le roi a-t-il rencontré ?

Selon cette chronologie, le roi Juan Carlos Ier s’est entretenu trois fois avec Milans del Bosch : la première a eu lieu le 23 février à 19h15 et la dernière à 4h00 le lendemain. Il a également rencontré Alfonso Armada. Juan Carlos a bloqué la demande d’Armada de se rendre à Zarzuela entre 18h30 et 19h00. Selon le document, cette décision « a complètement changé la donne », selon les termes du général Juste.

Il est indiqué qu’aux mêmes heures, la Guardia Civil dans toute l’Espagne, à l’exception de Valence, se trouvait en « totale normalité » ; Cependant, la communication avec Valence n’a pas été possible. Juan Carlos a ordonné à la Guardia Civil de fournir des informations toutes les demi-heures.

À 20h10, le général Fernández Campo apprend par Milans del Bosch que l’Armada « pouvait entrer au Congrès parce qu’elle connaissait le mot de passe d’entrée ».

Une réunion « très tendue »

Entre 20h00 et 21h00, il y a eu une conversation téléphonique entre le roi et Alfonso Armada. Le document n’inclut pas de contenu ; Il précise simplement que la réunion a été « très tendue ». Armada s’est également entretenue avec Fernández Campo.

A 21h30, les soldats se sont retirés de la chaîne publique RTVE. Une demi-heure plus tard, le Conseil des chefs d’état-major a publié un communiqué : «Les mesures nécessaires ont été prises pour réprimer toute atteinte à la Constitution et rétablir l’ordre».

A 22h30, TVE a annoncé que le Roi s’adresserait à la nation, mais n’a pas précisé l’heure.

Vers 22h35, l’Armada se dirige vers le Congrès. Avant d’entrer, Sabino a parlé à Fernández Campo. Fernández Campo a déclaré que le roi n’autorisait pas Armada à s’adresser aux députés en son nom « de quelque manière que ce soit ». Armada, en revanche, a prêté « serment d’honneur » de ne pas le faire et est entrée au Parlement.

Les instructions précises du Roi

Le 24 février à 01h20, la troisième communication entre Zarzuela et Milans del Bosch a eu lieu. Le Roi appela et prononça ces mots :

«Je le déclare en toute clarté.»

Pendant que le roi parlait, Milans déclara qu’il suivrait les ordres, mais « Tejero ne lui obéit plus ».

Les instructions du Roi étaient les suivantes :

«Je confirme ma ferme décision de préserver l’ordre constitutionnel dans le cadre juridique existant. Il n’y a pas de retour en arrière après ce message.»

«Aucune tentative de coup d’État ne peut se cacher derrière le roi ; elle est contre le roi.»

«Aujourd’hui, plus que jamais, je suis prêt à remplir le serment que j’ai prêté devant le drapeau. C’est pourquoi, consciemment et en pensant uniquement à l’Espagne, je vous ordonne de retirer toutes les troupes que vous avez mobilisées.»

«Je vous ordonne de dire à Tejero de mettre immédiatement fin à son comportement.»

«Je n’abdiquerai ni n’abandonnerai l’Espagne. Celui qui se révoltera est prêt à provoquer une nouvelle guerre civile et en sera responsable.»

«Je n’ai aucun doute sur l’amour de mes généraux pour l’Espagne. Je vous ordonne de faire ce que je dis, d’abord pour l’Espagne, ensuite pour la Couronne.»

Il y a une note finale dans le document, sans heure précisée :

«Des informations indiquent que Tejero aurait accepté de se rendre sous certaines conditions. Laína ou Armada communiquent des conditions de reddition jugées acceptables.»

La chronologie se termine par la phrase suivante :

«Le reste est connu de la presse.»