Tensions avant les élections générales en Ouganda : Internet coupé, les soldats sont descendus dans la rue

La Commission ougandaise des communications (UCC) a demandé à tous les fournisseurs de services du pays d’arrêter les services Internet.

La commission a déclaré que la décision avait été prise pour des raisons de sécurité publique et visait à prévenir la désinformation en ligne, les irrégularités électorales et la promotion de la violence.

Les partis d’opposition et les défenseurs des droits affirment que la panne d’Internet complique sérieusement le travail des militants et des journalistes qui surveillent le processus électoral.

Lors des élections de 2021 en Ouganda, l’accès à Internet a été coupé pendant au moins une semaine et des dizaines de personnes sont mortes lors des manifestations organisées pendant le processus électoral.

Le principal chef de l’opposition et président de la Plateforme d’unité nationale (NUP), Robert Kyagulanyi, connu sous le nom de Bobi Wine, a partagé la lettre de l’UCC concernant la panne d’Internet sur son compte X et a appelé ses partisans à utiliser des applications permettant une communication hors ligne. Kyagulanyi a qualifié de « lâches » ceux qui ont décidé de suspendre l’accès à Internet.

DES SOLDATS ONT ÉTÉ DÉPLOYÉS DANS LA CAPITALE ET DE NOMBREUSES RÉGIONS

Les mesures de sécurité ont été portées au plus haut niveau avant les élections dans le pays. Le gouvernement ougandais a annoncé que des soldats accompagnés de véhicules blindés avaient été déployés dans certains quartiers de la capitale Kampala dès le 10 janvier.

Les autorités ont fait valoir que cette mesure visait à prévenir d’éventuelles violences.

Le président Yoweri Museveni, dans son discours du Nouvel An, a déclaré qu’il avait recommandé aux forces de sécurité d’utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, qu’il a qualifiée d’« opposition criminelle ».

MUSEVENI EST CANDIDAT POUR SON SEPTIÈME MANDAT

Lors des élections qui détermineront si Museveni, le leader du Mouvement de résistance nationale au pouvoir depuis 1986, poursuivra son mandat, le président de 81 ans, qui vise un septième mandat, est défié par 7 candidats, dont Kyagulanyi, 43 ans.

Museveni a pris des dispositions constitutionnelles au fil des ans afin de maintenir son pouvoir, ouvrant à nouveau la voie à sa candidature en introduisant une limitation du nombre de mandats en 2005 et en supprimant la limite d’âge pour la présidence en 2017.

Il y a environ 21,6 millions d’électeurs inscrits en Ouganda, qui compte environ 45 millions d’habitants.

LES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX SONT INQUIÉTÉS

Les Nations Unies (ONU), l’Union européenne (UE) et diverses organisations internationales ont annoncé qu’elles surveillaient de près le processus électoral en Ouganda.

Lors des évaluations, des préoccupations ont été exprimées concernant la liberté d’expression, le droit de réunion et des conditions électorales équitables. Les observateurs conviennent que les élections sont décisives pour l’avenir politique de l’Ouganda, non seulement en raison de leurs résultats mais également en raison de la transparence et du caractère inclusif du processus.

Les experts affirment que les élections en Ouganda sont un test non seulement pour savoir si Museveni maintiendra son pouvoir, mais aussi pour le fonctionnement des institutions démocratiques du pays et l’avenir de la sphère politique.