Sujets à suivre sur les marchés mondiaux la semaine prochaine

1. IL A ÉTÉ CHOQUÉ MAIS IL N’A PAS ENCORE ÉTÉ RETOURNÉ

Les rendements obligataires augmentent rapidement selon les régions et les échéances, augmentant ainsi les coûts d’emprunt pour les États, les entreprises et les ménages. Cette situation supprime également les valorisations élevées sur les marchés boursiers.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette hausse. La guerre au Moyen-Orient a fait monter les prix de l’énergie, augmentant les anticipations d’inflation et obligeant les investisseurs à se préparer à de nouvelles hausses des taux d’intérêt. Cette situation a porté les taux d’intérêt des obligations à court terme aux États-Unis et dans la zone euro à leur niveau le plus élevé de ces dernières années.

D’un autre côté, les taux d’intérêt des obligations à 10 ans se sont approchés de seuils critiques, les investisseurs craignant qu’il ne devienne de plus en plus difficile de financer la lourde dette publique qui dure depuis des années. Les taux d’intérêt de référence des obligations à 30 ans sont à leurs plus hauts niveaux depuis plus d’une décennie.

Les gouvernements suivent également ces évolutions de près. Le mois dernier, le département du Trésor américain a annoncé qu’il doublerait au moins le volume des opérations de rachat de titres de créance à long terme, en prévision d’une baisse des taux d’intérêt. La première opération de cette envergure devrait être réalisée mercredi prochain.

Cependant, même si les niveaux atteints sont assez choquants, les mouvements du marché ont été ordonnés et loin de la panique, du moins jusqu’à présent.

2. RENDEMENTS OBLIGATAIRES ÉLEVÉS AU JAPON

Le Japon est devenu à l’ordre du jour des marchés obligataires mondiaux alors que les taux d’intérêt des obligations à 10 ans ont dépassé 3 % pour la première fois au cours des trente dernières années.

Cela a suscité l’inquiétude des marchés quant aux effets possibles du retrait massif des capitaux japonais des marchés obligataires américain, européen et australien et de leur retour dans le pays.

Les investisseurs se demandent si le fonds de pension japonais GPIF, estimé à 2 000 milliards de dollars, transférera ses capitaux des marchés boursiers et des obligations étrangères vers les obligations japonaises.

D’un autre côté, les finances publiques sont également sous le feu des projecteurs, les demandes budgétaires des ministères japonais pour le prochain exercice atteignant les niveaux de l’ère pandémique. Dans le même temps, l’attente selon laquelle la Banque du Japon (BoJ) pourrait accélérer la hausse des taux d’intérêt entraîne une hausse rapide des taux d’intérêt à court terme.

Cette éventuelle hausse des taux d’intérêt pourrait enfin être une bouée de sauvetage pour le yen japonais, sous pression depuis longtemps. Le yen, qui a gagné environ 3% mercredi et jeudi à mesure que la perception du marché changeait, a réalisé une forte hausse du type de celle observée récemment lorsque les responsables japonais et américains sont intervenus conjointement sur le marché.

3. DONNÉES PPI ET CPI AUX ÉTATS-UNIS

Les données sur l’inflation qui seront annoncées la semaine prochaine aux États-Unis pourraient être décisives dans la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt ce mois-ci.

Aux États-Unis, les données de l’indice des prix à la production (IPP) seront annoncées jeudi prochain et celles de l’indice des prix à la consommation (IPC) seront annoncées vendredi.

Les économistes interrogés par Reuters s’attendent à une hausse de l’IPC de 0,4% en août.

Après le discours du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, au symposium de Jackson Hole, les marchés ont commencé à évaluer plus fortement la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt. Cependant, les contrats à terme des fonds fédéraux indiquent qu’il reste encore une chance sur deux que la Fed augmente ses taux d’intérêt lors de sa réunion des 15 et 16 septembre.

Le responsable de la Fed, Christopher Waller, a déclaré hier qu’il était enclin à maintenir les taux d’intérêt stables si les futures données confirmaient que les pressions inflationnistes s’étaient atténuées.

En revanche, le bilan trimestriel qui sera annoncé la semaine prochaine par le géant des infrastructures cloud Oracle pourrait amener le marché à se recentrer sur les transactions boursières axées sur l’intelligence artificielle.

4. DÉCISION DE LA BCE SUR LES TAUX D’INTÉRÊT

La Banque centrale européenne (BCE) devrait augmenter ses taux d’intérêt de 25 points de base supplémentaires jeudi prochain. La BCE a procédé à une augmentation de 25 points de base en juin.

Les responsables de la BCE ne seraient pas contents si l’inflation repassait au-dessus de 3 pour cent en raison de la hausse des prix de l’énergie. La vraie question pour les processeurs est donc de savoir ce qui se passe après cette étape.

Les responsables de la BCE ne disposent pas d’une boule magique pour prédire l’avenir, et il est actuellement impossible de prédire combien de temps durera la guerre en Iran. Par conséquent, les responsables ne devraient pas être très enclins à annoncer les prochaines étapes.

Les marchés continuent de penser qu’il y aura une autre augmentation des taux d’intérêt d’ici décembre et qu’une autre augmentation aura lieu l’année prochaine. Toutefois, les économistes estiment que la BCE a pour l’instant mis fin à ses hausses de taux d’intérêt et que la forte hausse des taux obligataires cet été a facilité un peu la tâche des autorités.

En outre, il sera étroitement surveillé si la présidente de la BCE, Christine Lagarde, abordera la question de la vente d’euros par les États-Unis pour acheter du yen.

5. STANDAL DU SÉNÉGAL

Les problèmes ne se limitent pas aux marchés obligataires mondiaux. Deux années se sont écoulées depuis que le Sénégal a révélé ses dettes secrètes, non enregistrées, s’élevant à plus de 10 milliards de dollars. Aujourd’hui, le gouvernement s’apprête à frapper à la porte du Fonds monétaire international (FMI) comme une fin inévitable.

Mais ce soutien aura un prix : le Sénégal devra restructurer ses dettes pour les rendre soutenables à long terme. Bien entendu, ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

Dakar veut donc exclure de ce processus les dettes « locales » ouest-africaines en francs CFA qui lui sont fournies par les banques régionales et les institutions multilatérales. Cela signifie que les dettes restantes, notamment les obligations d’État émises sur les marchés de capitaux internationaux, seront beaucoup plus durement touchées.

Il faudra probablement des mois pour que tout ce processus devienne clair, mais il pourrait y avoir un développement important sur cette question la semaine prochaine. Le Conseil d’administration du FMI devrait discuter du « Cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu ». Une éventuelle modification de ces règles pourrait encore aggraver la situation du Sénégal.