En revanche, alors que l’on attend avec impatience le bilan du géant pétrolier Saudi Aramco dans un environnement mondial fragile, les données des grandes économies montreront plus clairement les effets économiques du conflit au Moyen-Orient.
1. Trump va en Chine
Le président américain Trump se rendra en Chine pour la première fois depuis huit ans et tiendra des entretiens à Pékin les 14 et 15 mai.
L’objectif principal de Trump est de garantir le cessez-le-feu commercial conclu en Corée du Sud en octobre et d’empêcher une guerre tarifaire mutuelle similaire à celle qu’il a déclenchée avec le « Jour de l’Indépendance » en avril 2025.
La question de Taiwan devrait être à l’ordre du jour de la rencontre avec le président chinois Xi Jinping.
La visite ne se déroule pas dans un cadre mondial tranquille. Les données montrent que les exportations chinoises restent fortes et qu’à la fin de 2025, son excédent commercial a atteint la taille de l’économie néerlandaise. Le secteur manufacturier s’est développé depuis le début de la guerre en Iran fin février, selon les données du secteur privé et de l’indice officiel des directeurs d’achat (PMI).
Les données commerciales qui seront publiées ce week-end mettront en lumière la mesure dans laquelle la Maison Blanche, qui poursuit une politique protectionniste, a réussi à limiter la demande des consommateurs américains pour les produits chinois.
2. UNE TABLE FRAGILE
Saudi Aramco, le plus grand exportateur mondial de pétrole brut, publiera dimanche son bilan du premier trimestre.
Le bilan devrait refléter les effets du conflit, qui a fermé presque totalement le détroit d’Ormuz à la circulation et entraîné des dégâts ou la fermeture d’une vingtaine de raffineries dans la région. Cette situation a entraîné la paralysie de millions de barils de capacité de production et une forte hausse des prix du pétrole.
Les efforts visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient progressent très lentement. Les récents affrontements entre les forces américaines et iraniennes dans le golfe Persique mettent en péril le fragile cessez-le-feu d’un mois et affaiblissent les espoirs d’une solution diplomatique.
Tout cela coïncide avec une période où les États-Unis attendent une réponse de l’Iran à sa proposition de mettre fin au conflit. Il est indiqué que la proposition en question laisse en suspens bon nombre des questions les plus controversées.
3. CLIPS DE CARBURANT ET DE GONFLAGE
La semaine prochaine, où le flux de données sera intense, montrera dans quelle mesure la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre a alimenté l’inflation dans l’économie américaine et si elle a réduit l’appétit des consommateurs pour les dépenses.
L’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis, qui sera annoncé mardi prochain, devrait augmenter de 0,6 pour cent en avril. Les prix des carburants semblent être un facteur déterminant de l’inflation.
Les données de l’indice des prix à la production (PPI) d’avril, qui seront annoncées mercredi prochain aux États-Unis, constitueront un autre indicateur important de l’inflation.
La dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) a révélé que certains responsables de la Fed, de plus en plus inquiets face aux pressions sur les prix, ont commencé à adopter une politique monétaire favorable au resserrement.
Les chiffres des ventes au détail qui seront annoncés jeudi montreront dans quelle mesure la hausse des prix de l’essence et d’autres coûts affectent les dépenses des ménages.
4. STATUT DE L’ÉCONOMIE JAPONAISE
Les données du compte courant du Japon, qui seront annoncées mercredi prochain, et les bilans financiers des banques géantes japonaises, qui seront publiés tout au long de la semaine, mettront en lumière l’état de l’économie japonaise, basée sur les exportations, avec la prolongation de la guerre en Iran.
Mardi, le procès-verbal de la réunion d’avril de la Banque du Japon (BoJ) sera publié. Les investisseurs verront en détail à quel point les autorités sont en désaccord dans les discussions sur la politique monétaire du pays.
Les investisseurs obligataires se concentreront sur la vente d’obligations à 10 et 30 ans du gouvernement japonais. Ces ventes refléteront la demande d’obligations à long terme suite aux interventions du Japon pour soutenir le yen au cours des deux dernières semaines.
D’autre part, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, rencontrera le Premier ministre japonais Sanae Takaichi, le ministre des Finances Satsuki Katayama et le gouverneur de la BoJ Kazuo Ueda lors de sa visite au Japon, qui débute lundi prochain.
5. DONNÉES DE CROISSANCE DE L’ANGLETERRE
Les investisseurs suivront les données de croissance britanniques de mars, qui seront annoncées jeudi prochain, pour mesurer l’étendue des dégâts causés par la guerre en Iran à l’économie britannique. Ces données seront publiées en même temps que les chiffres du premier trimestre, mais les données de mars pourraient donner lieu à un optimisme trompeur après un mois de février très actif.
L’économie britannique se trouve actuellement dans un état extrêmement fragile. Le Fonds monétaire international (FMI) a procédé à la révision la plus sévère parmi les grandes économies du Royaume-Uni, réduisant ses prévisions de croissance pour cette année de 1,3 % à 0,8 %. Sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie sur le marché, les coûts d’emprunt du pays ont enregistré la plus forte augmentation parmi les économies du G7.
Tout signe d’affaiblissement de la croissance pourrait rendre la tâche du gouvernement travailliste, dirigé par Starmer, au centre d’intenses critiques, encore plus difficile.