Le Parlement européen a approuvé cette semaine deux réformes, adoptant des règles permettant aux États membres d’envoyer des demandeurs d’asile vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont aucun lien. Cette demande peut être déposée même dans des pays où l’immigré n’est jamais allé directement auparavant.
Ces changements introduisent pour la première fois en Europe un système de définition aussi complet de « pays tiers sûr ». Un demandeur d’asile dans l’UE peut désormais être renvoyé vers un pays où il n’est jamais allé mais que l’UE considère comme « sûr », s’il existe un accord entre l’UE et ce pays.
Avec l’approbation du Parlement européen, une liste de « pays d’origine sûrs » a également été créée au sein de l’UE. Le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Kosovo, le Maroc, la Tunisie et les pays candidats à l’Union européenne figuraient sur cette liste. La Turquie a également ce statut. L’Ukraine n’était pas incluse dans la liste. Les demandes d’asile des personnes venant de ces pays feront l’objet de procédures accélérées.
Processus politique et juridique
Le projet de loi a été approuvé au Parlement européen avec le soutien des partis de droite, d’extrême droite et de certains partis de centre-droit ; Il a été accepté par 396 voix, 226 voix négatives et 30 abstentions.
Toutefois, l’approbation des 27 États membres de l’UE est nécessaire pour que ces changements entrent en vigueur.
Critiques et réactions
Les organisations de défense des droits humains et les défenseurs des migrations préviennent que cette nouvelle politique affaiblira le droit d’asile et pourrait renvoyer chez eux les personnes ayant besoin d’une protection internationale.
Ces réglementations ont fait l’objet de critiques selon lesquelles elles pourraient conduire à une évolution des politiques d’asile vers « le contrôle des frontières et la détention », affaiblissant ainsi l’essence du droit d’asile.