L’UE tire la sonnette d’alarme ! L’empire numérique de Bruxelles

L’Union européenne a mis en place l’un des systèmes juridiques les plus complets au monde pour réglementer le monde numérique. Des centaines de réglementations, allant de l’intelligence artificielle aux plateformes de médias sociaux, des marchés numériques aux données personnelles, déterminent désormais les activités des entreprises technologiques en Europe. Mais le nouveau défi pour Bruxelles n’est pas tant d’adopter davantage de lois que de savoir comment mettre en œuvre les lois existantes. Une nouvelle étude examinant les problèmes structurels dans la mise en œuvre de la législation numérique de l’UE révèle que les règles numériques de l’Union couvrent plus de 171 lois et 315 organismes et structures de régulation au niveau de l’UE. Les auteurs de l’étude affirment que cette structure fragmentée rend difficile pour l’Europe la mise en œuvre efficace de ses propres règles. La note stratégique, préparée par Kai Zenner et l’analyste de la démocratie technologique Maria Koomen, affirme que le problème ne réside pas dans des échecs isolés mais dans la structure du système.

L’APPLICATION EST DÉSALÉE

Au cœur du problème se trouve le contrôle de différentes parties d’un même écosystème numérique par différentes institutions. Par exemple, en vertu de la loi sur les services numériques (DSA), la Commission européenne exerce une autorité directe sur les plus grandes plateformes en ligne et moteurs de recherche, tandis que la surveillance des autres plateformes est assurée par les coordinateurs de services numériques des pays membres. La Commission européenne précise également dans sa déclaration que la mise en œuvre du DSA est partagée entre la Commission et les autorités nationales. La loi sur l’intelligence artificielle présente également une structure polycentrique similaire.. Alors que le Bureau de l’intelligence artificielle au sein de la Commission européenne est autorisé à gérer les modèles d’intelligence artificielle à usage général et les systèmes d’intelligence artificielle connectés à certaines grandes plates-formes, le contrôle d’autres systèmes d’intelligence artificielle est en grande partie laissé aux autorités nationales compétentes.

LA NOUVELLE ÈRE A COMMENCÉ

La question n’est plus un débat théorique sur l’avenir. Des dispositions importantes de la loi européenne sur l’intelligence artificielle sont entrées en vigueur le 2 août 2026. À compter de cette date, certaines dispositions concernant les applications d’IA interdites, certaines obligations de transparence et les modèles d’IA à usage général sont devenues applicables. Certaines règles concernant les systèmes d’intelligence artificielle à haut risque entreront en vigueur ultérieurement.. Le problème auquel Bruxelles est confrontée ne consiste donc pas seulement à fixer de nouvelles règles. Dans la période à venir, la manière dont ces règles seront mises en œuvre en coopération avec des centaines d’institutions nationales et européennes différentes sera cruciale. À ce stade, Zenner et Koomen soutiennent que l’architecture institutionnelle actuelle de l’Europe ne peut pas suivre le rythme et la structure transfrontalière de la technologie.

AMENDE DE 890 MILLIONS D’EUROS

Des poursuites judiciaires majeures ont également eu lieu récemment en arrière-plan du débat sur la capacité de sanction numérique de l’UE. Le 23 juillet 2026, la Commission européenne a infligé à Google une amende d’un montant total de 890 millions d’euros pour violation de la loi sur les marchés numériques.. Sur ce montant, 460 millions d’euros étaient basés sur la justification selon laquelle Google mettait en avant ses propres services par rapport à ses concurrents dans les résultats de recherche, et 430 millions d’euros étaient basés sur la justification selon laquelle il empêchait les développeurs d’applications de diriger les consommateurs vers des alternatives moins chères via Google Play. La Commission a également demandé à Google de mettre fin à ces pratiques. Cependant, la décision ne relève pas uniquement du droit de la concurrence.