Alors que les pays du flanc oriental de l’alliance consacrent la plus grande proportion de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense, les États-Unis sont le seul membre de l’OTAN à avoir réduit la proportion de son PIB allouée à la défense.
Les dépenses militaires des membres de l’OTAN ont considérablement augmenté depuis 2015, selon le dernier rapport annuel publié le 26 mars. Selon les données corrigées de l’inflation, une augmentation de 38 % des dépenses totales a été enregistrée au cours de la période 2014-2025.
La principale raison de cette augmentation est que les membres de l’OTAN autres que les États-Unis ont considérablement augmenté leurs dépenses de défense. La part de ces pays dans les dépenses totales est passée de 27% en 2014 à 41% en 2025.
L’augmentation des dépenses militaires des pays européens et du Canada est particulièrement frappante. Le taux d’augmentation annuel a dépassé 19% en 2024 et 2025.
Si l’on examine les pays un par un, on constate que l’objectif de « consacrer 2 % du PIB à la défense », fixé par l’OTAN en 2014, est désormais atteint par tous les membres.
Les pays qui consacrent le plus de ressources à la défense sont ceux qui sont géographiquement les plus proches de la Russie : la Pologne, les pays baltes et les pays scandinaves.
En revanche, la France, qui était autrefois au premier rang, fait désormais partie des pays qui allouent le moins de ressources à la défense, aux côtés de la Belgique et des pays du sud de l’Europe (Espagne, Italie et Portugal).
Les pays qui ont le plus augmenté leurs dépenses de défense au cours de la période 2014-2025 sont les pays baltes et scandinaves ainsi que la Pologne.
En revanche, si ce taux évolue de manière plus limitée en France et au Royaume-Uni, les États-Unis sont le seul pays de l’OTAN où ce taux diminue.
D’ici 2025, le nouvel objectif de dépenses de défense des pays de l’OTAN a été fixé à 5 % du PIB. 3,5 % de cette somme est allouée directement à la défense et 1,5 % est alloué aux domaines liés à la défense tels que les infrastructures et la cybersécurité.
Certains pays, notamment la Pologne et l’Estonie, devraient atteindre cet objectif d’ici 2026.
Tous ces développements surviennent à un moment où l’engagement des États-Unis envers l’OTAN est de plus en plus remis en question. Le 27 mars, Donald Trump a déclaré que les États-Unis n’étaient pas obligés de se ranger du côté de l’OTAN et a critiqué l’échec des pays européens à soutenir les États-Unis dans la guerre contre l’Iran :
«Nous serions toujours à leurs côtés, mais à en juger par leur comportement actuel, nous n’avons peut-être plus besoin de l’être. S’ils ne sont pas de notre côté, pourquoi devrions-nous être de leur côté ?»