La Turquie mène depuis longtemps une politique de diversification de son approvisionnement énergétique. Pour cette raison, la fermeture du détroit d’Ormuz n’a pas autant affecté Ankara que d’autres pays. De plus, les navires turcs ont pu poursuivre leur route sans problème jusqu’à présent.
En termes de pipelines, la Turquie constitue un corridor énergétique essentiel, comme on l’a notamment vu après la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le pays est relié non seulement au Moyen-Orient mais aussi au Caucase grâce à d’importantes infrastructures telles que les lignes Bakou-Tbilissi-Ceyhan et Bakou-Tbilissi-Erzurum. Il existe également des coopérations énergétiques avec l’Iran.
Nouveaux projets : corridor intermédiaire et route de développement
La Turquie joue un rôle actif dans le projet de corridor central reliant la Chine et l’Europe. L’Azerbaïdjan et l’Arménie tentent d’étendre les infrastructures de pipelines et de chemins de fer dans le cadre du processus de paix.
Un autre projet majeur, la route de développement, prévoit une ligne de connexion qui partira du golfe Persique et atteindra la Turquie via l’Irak et la Syrie. Cependant, ce projet comporte de grands risques, notamment en raison de l’instabilité politique de la région.
L’instabilité régionale est le plus grand obstacle
L’incertitude en Irak, en Syrie et dans les pays du Golfe est considérée comme le principal obstacle à ces projets. La Turquie entretient des relations étroites avec le Qatar et dispose également d’une présence militaire dans ce pays. Dans ce contexte, une ligne de connexion directe entre Doha et la Turquie est également à l’ordre du jour.
Cependant, tous ces projets n’ont pas encore été pleinement mis en œuvre en raison des risques régionaux.
Pourquoi la Turquie cherche-t-elle à devenir leader dans le domaine de l’énergie ?
Un autre objectif de cette stratégie est de transmettre au public national le message d’une Turquie forte et autosuffisante. La plus grande préoccupation, notamment parmi l’opinion publique, est que le pays soit entraîné dans un conflit et ses conséquences possibles sur l’économie.
Même si l’économie turque continue de croître, les indicateurs financiers ne sont pas très bons. L’inflation est encore élevée en raison des effets de la guerre. La livre turque continue de perdre de la valeur. En outre, les discussions sur des élections anticipées ou des amendements constitutionnels se poursuivent.
Des lignes électriques alternatives sont-elles possibles ?
Les infrastructures existantes (par exemple TANAP – Trans Anatolian Natural Gas Pipeline) sont déjà actives et fiables. Cependant, la mise en œuvre de nouveaux projets ne dépend pas uniquement de la Turquie.
Des facteurs tels que l’attitude des États-Unis, les équilibres des pays de la région et l’éventuelle réaction de la Russie seront déterminants. L’environnement géopolitique actuel est assez incertain et variable.