La domination américaine sur les technologies des avions F-35 a frustré les pays européens. De nombreux pays, dont le Portugal, l’Espagne et la Suisse, ont arrêté l’achat d’avions F-35 au motif qu’ils « limitent l’indépendance militaire nationale ». D’autre part, les projets européens d’avions de combat furtifs de 6e génération FCAS et CGAP sont sur le point de se désintégrer en raison de conflits entre pays, de coûts toujours croissants et de rivalités entre entreprises. Selon les experts de la défense, la crise des avions de guerre en Europe pourrait sérieusement affaiblir la revendication de « puissance aérienne propre » du continent.
PROBLEME NATIONAL DU F-35
Des pays comme l’Espagne, le Portugal et la Suisse s’éloignent du projet au motif que l’inclusion dans le programme F-35 « limite l’indépendance militaire ». Le contrôle par la société américaine Lockheed Martin des logiciels, des données de mission et des pièces de rechange de l’avion a déclenché des débats sur la « violation de la souveraineté » en Europe. Selon les données de 2023, le taux de capacité de mission des F-35 a diminué à 51 %, tandis que les coûts de maintenance ont doublé par rapport aux prévisions. C’est pour cette raison que le ministère espagnol de la Défense a annoncé avoir décidé de « renforcer l’autonomie stratégique en investissant dans sa propre industrie ».
LES ACHATS SONT SUSPENDUS
L’accord de 6 milliards de francs signé par la Suisse pour l’achat de 36 F-35 en 2021 s’est transformé en scandale national, dépassant les 7 milliards de francs mi-2025. Le Portugal a suspendu ses projets en mars 2025. Le ministre de la Défense, Nuno Melo, a déclaré : «En raison de l’imprévisibilité politique à Washington, nous réévaluons les achats d’avions de nouvelle génération». On affirme que Lisbonne se tourne vers le partenariat franco-allemand FCAS et les alternatives de production européennes.
LE DIFFÉREND SUR LE CONTINENT S’AGRANDIT
Le projet Future Combat Air System (FCAS), un partenariat franco-allemand-espagnol, a été stoppé en raison d’un conflit de leadership entre les sociétés françaises Dassault et Airbus. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré : «Nous déciderons de poursuivre ou non le projet avant la fin de l’année». De même, le Programme mondial de combat aérien (GCAP) mené par l’Angleterre, l’Italie et le Japon est également entré dans une crise de coûts, différents pays souhaitant développer leurs propres avions de soutien sans pilote. Jorge Tamarit-Degenhardt, PDG d’Eurofighter, a prévenu : «Si chaque pays souhaite des intégrations différentes, ce projet fera exploser le budget, nous n’avons pas de ressources illimitées.»

L’AVION DU FUTUR EST EN DANGER
Selon les experts, le projet européen FCAS, d’un coût de 100 milliards d’euros, est également sur le point de s’effondrer. Alors que Dassault refuse que l’Allemagne devienne un partenaire égal, la France insiste sur son objectif d’une plateforme « compatible avec les opérateurs ». L’Allemagne, quant à elle, envisage la possibilité de rejoindre le GCAP dirigé par le Royaume-Uni en tant que partenaire récepteur ou système sans pilote. Selon les experts, ces évolutions mettent en danger l’objectif de l’Europe de produire son propre avion de guerre d’ici 2040. Les analystes commentent que « l’Europe revit la division des Eurofighter des années 1980 ; tout comme le Rafale est né à l’époque, il existe aujourd’hui un risque similaire de fragmentation ».
LE PROGRAMME GCAP NE PROGRESSE PAS
Le Programme aérien de combat mondial (GCAP), en partenariat avec l’Angleterre, le Japon et l’Italie, est présenté comme l’initiative la plus ambitieuse du rêve européen d’avions de combat de 6e génération, mais le projet est entraîné dans une crise de coût et d’intégration. Selon le rapport de la publication de défense Defense Analysis Review, même le budget de développement du projet a dépassé «bien les estimations». Les différences de demande entre les pays augmentent également les coûts. D’autre part, les responsables du ministère britannique de la Défense ont également confirmé que le nouveau concept de drone appelé ARMDC-20X développé par le Japon n’est pas entièrement compatible avec d’autres systèmes et a entraîné une charge supplémentaire de 2 milliards de dollars pendant la phase de test. Selon les experts, cette situation pourrait retarder d’au moins trois ans le calendrier de livraison prévu par l’AMCP pour 2035 et affaiblir sérieusement la prétention de l’Europe en matière de « puissance aéronautique autonome ».
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