Informations navales sensibles ! Soupçon d’espionnage à l’usine automobile ?

La construction d’une usine par le constructeur automobile chinois SAIC Motor en Espagne est en discussion en raison des risques qu’elle pourrait présenter pour l’industrie de défense du pays. Selon des informations parues dans la presse espagnole, le ministère de la Défense et le Centre national de renseignements (CNI) ont évalué l’éventuel risque d’espionnage dû à la proximité de l’usine avec la base navale de Ferrol. SAIC Motor, contrôlé par un groupe public chinois, produit également des véhicules vendus sous la marque MG. L’installation que l’entreprise envisage d’implanter dans le port de Ferrol, dans la région de Galice, vise à devenir le premier complexe de production automobile d’Europe. Cependant, outre le retour économique des investissements, les activités de la marine espagnole et la protection des technologies militaires ont également été mises en avant.

À SEULEMENT 5 KILOMÈTRES DE LA BASE MARINE

Dans les informations publiées par les journaux espagnols El País et El Mundo, il a été indiqué que les évaluations des services de renseignement ont attiré l’attention sur les risques pouvant découler de l’emplacement de l’usine. L’installation projetée est située à environ 5 kilomètres à vol d’oiseau de l’Arsenal militaire de Ferrol, l’une des bases les plus importantes de la marine espagnole du nord, et du chantier naval de l’entreprise publique Navantia. Ferrol n’est pas seulement un port où stationnent des navires militaires. Les activités de logistique et de maintenance de la marine sont réalisées dans la région ; Des navires de guerre modernes de la marine espagnole sont en cours de construction au chantier naval Navantia.

Les navires de guerre construits et entretenus au chantier naval de Ferrol disposent de systèmes avancés de radar et de gestion de combat. Certains d’entre eux sont liés à la technologie américaine.

DES SOURCES MILITAIRES PARLENT

Le chantier naval utilise également des systèmes et technologies de défense d’origine américaine dans certains de ses projets.. Des sources militaires, citées par la presse espagnole, ont prévenu que l’emplacement de l’usine à proximité du port pourrait faciliter l’observation des entrées et sorties des navires de la marine et de l’activité dans le port. Cela ne constitue pas une preuve que l’entreprise a accédé à des informations confidentielles ; Cela se traduit par une préoccupation quant au risque de sécurité que l’emplacement peut poser.

DES INFORMATIONS SENSIBLES PEUVENT FUIR

En Espagne, le débat ne se limite pas à la visibilité des installations militaires depuis l’usine. S’adressant à la chaîne publique espagnole RTVE, l’amiral à la retraite Ángel Tafalla a souligné que le risque pouvait également provenir des fournisseurs locaux et des services partagés.. La Marine et Navantia s’appuient sur des entreprises de la région pour des travaux tels que l’entretien, le nettoyage, l’ingénierie et les services techniques. La nouvelle usine automobile devrait bénéficier des services du même réseau de fournisseurs locaux. Dans ce cas, l’utilisation du même personnel, des mêmes appareils ou des mêmes systèmes d’accès à distance entre différentes organisations peut entraîner des failles de sécurité.

LA TECHNOLOGIE AMÉRICAINE FAIT AUSSI PARTIE DE LA DISCUSSION

Une éventuelle faille de sécurité soulève la question de la protection non seulement des activités navales espagnoles, mais également des technologies et informations sensibles partagées avec les alliés.. Malgré le débat sur la sécurité, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a informé l’administration galicienne que son ministère donnerait un avis positif au projet. Le ministère a annoncé que l’investissement pourrait être lié à la sécurité et aux conditions opérationnelles si cela était jugé nécessaire.