Concept élargi de l’Eurasie et décision de la Russie de lever les sanctions

Selon le rapport intitulé « Grande Assemblée de la Grande Eurasie » préparé par l’IMEMO, basé en Russie et signé par V. Zuev et V. Izotov, Moscou travaille sur un modèle d’intégration global appelé « Grand Partenariat eurasien » (GEP). Le rapport indique que cette structure fournit non seulement un cadre économique mais aussi politique et stratégique. Selon l’analyse de l’IMEMO, le GEP est considéré comme « un outil essentiel dans la transformation de l’ordre mondial » pour le repositionnement de la Russie dans le système international. Il est également indiqué que des initiatives institutionnelles seront prises prochainement concernant le projet soutenu par le Kremlin.

Le projet Eurasie élargie, à l’ordre du jour en Russie, envisage une intégration à plusieurs niveaux entre les structures régionales telles que les BRICS, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’Union économique eurasienne (EAEU) et l’Organisation des États turcs. (Kremlin)

BRICS ET SCO AU CENTRE

Selon le rapport de l’IMEMO basé sur des sources du Kremlin, le projet GEP, Une intégration à plusieurs niveaux entre les structures régionales telles que les BRICS, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’Union économique eurasienne (EAEU) et l’Organisation des États turcs prédit. Dans l’étude préparée avec les contributions de l’École supérieure russe d’économie (HSE) et de l’Institut européen de l’Académie des sciences de Russie, il est indiqué que ces structures créeront un « espace d’interaction transrégional ». Si le rapport recommande le développement de projets communs, notamment dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation, il souligne que ces zones ont été choisies comme « zones pilotes de coopération exemptes de tensions géopolitiques ». Selon des groupes de réflexion russes, cette approche pourrait permettre à Moscou d’établir de nouveaux réseaux économiques sous sanctions.

SYSTÈME MONDIAL CONJOINT AVEC LA CHINE

Selon l’analyse de l’IMEMO L’idée d’une Eurasie élargie est au centre de la stratégie d’un « ordre mondial multipolaire » prônée depuis longtemps par le président russe Vladimir Poutine. Le rapport indique clairement que ce concept offre à la Russie « une fenêtre d’opportunité pour surmonter l’isolement international, briser les embargos et renforcer les connexions mondiales ». De même, dans les analyses de groupes de réflexion tels que le Valdai Discussion Club et le Conseil russe des affaires internationales (RIAC), basés en Russie, il est indiqué que le GEP vise à créer une alternative au système mondial centré sur l’Occident. Selon l’analyse du RIAC, Moscou tente de remodeler l’économie mondiale grâce à de nouvelles lignes commerciales et logistiques centrées sur l’Eurasie, en particulier avec la Chine.

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Selon les analyses de groupes de réflexion basés en Europe, le GEP se démarque comme faisant partie de la projection de puissance alternative de Moscou pour surmonter les sanctions occidentales. (Shutterstock)

LE BUT EST DE SURMONTER LES EMBARGO

Dans le rapport de l’IMEMO, le concept d’Eurasie étendue est défini comme un « nouveau transrégionalisme ». Selon ce modèle, il s’agit d’établir un réseau de coopération flexible, multicouche et interconnecté entre différentes organisations régionales. Cependant, les organismes d’analyse occidentaux et les cercles de pensée centrés sur l’Europe soulignent que cette initiative n’est pas seulement un projet d’intégration économique. Il souligne également qu’il s’agit d’une démarche stratégique visant à élargir la sphère d’influence géopolitique de la Russie. En particulier, selon les évaluations du Conseil européen des relations étrangères (ECFR), le GEP se distingue comme faisant partie de la projection de puissance alternative de Moscou développée pour surmonter les sanctions occidentales.

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