Compte à rebours dans la guerre américano-iranienne, quel sera l’impact de l’incendie d’Ormuz ?

La tension entre l’Iran et les États-Unis a atteint un nouveau seuil ces dernières semaines avec ses dimensions militaires, politiques et économiques. Les expéditions militaires relayées par la presse internationale, les groupes de travail sur les porte-avions envoyés par les États-Unis dans la région et la rhétorique dure de Washington indiquent que la possibilité d’un conflit brûlant a augmenté plus qu’elle ne l’a été depuis longtemps. Les effets d’une éventuelle guerre contre la Turquie comptent parmi les sujets les plus discutés dans les lobbies et les cercles de sécurité d’Ankara. Dans les analyses, tandis que les déclarations de la Turquie et les tentatives de médiation appelant à la modération des parties attirent l’attention, les déclarations de l’Arabie Saoudite et de l’Azerbaïdjan selon lesquelles ils fermeraient leur espace aérien aux attaques contre l’Iran dans un éventuel conflit sont considérées comme un indicateur des efforts des pays de la région pour limiter une crise à venir. Cette attitude témoigne d’une diplomatie prudente visant à éviter que le conflit ne se transforme en conflagration régionale.

Le fort renforcement militaire dans la région et les déclarations mutuelles sévères révèlent que le risque d’une attaque limitée et ciblée ne peut être ignoré.

L’IRAN PEUT-IL RÉSISTER ?

Tout comme certains affirment que la guerre est à nos portes, le nombre de ceux qui affirment que la possibilité d’une guerre directe et totale entre l’Iran et les États-Unis est limitée dans la situation actuelle est significatif. Les analyses sécuritaires et militaires soulignent également que l’Iran n’a pas la capacité de soutenir une guerre à long terme et de haute intensité en raison des sanctions économiques, de la forte inflation et des vulnérabilités politiques internes. Du côté américain, il est souligné que l’administration Trump tend à éviter les coûts politiques et économiques d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

LES PRÉOCCUPATIONS DES VAGUES MIGRATOIRES

Dans ses analyses stratégiques, la Turquie s’inquiète des effets d’un éventuel conflit américano-iranien sur la Turquie. Ankara évalue la tension en question dans un cadre à plusieurs niveaux, comprenant l’architecture de sécurité régionale, l’approvisionnement énergétique, les balances commerciales extérieures, la pression migratoire et la stratégie antiterroriste. Compte tenu des liens de la Turquie avec l’Iran dans les domaines de l’énergie, du commerce et de la logistique, toute instabilité dans le détroit d’Ormuz ou sur le territoire iranien présente de sérieux risques en termes de prix de l’énergie et de sécurité d’approvisionnement. Il est indiqué que des hausses soudaines des prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel pourraient exercer une pression directe sur la balance courante de la Turquie et sur les perspectives d’inflation. Une instabilité à grande échelle qui pourrait survenir en Iran et dans les zones géographiques associées signifie également un nouvel élément de pression susceptible d’augmenter le fardeau migratoire que supporte actuellement la Turquie.

LA STRATÉGIE MILITAIRE DE L’IRAN

Dans les analyses faites Il est souligné que l’Iran devrait utiliser un modèle décentralisé de « défense mosaïque » qui intègre une puissance de feu conventionnelle avec une expérience de la guerre irrégulière, des systèmes de défense aérienne à plusieurs niveaux et une capacité de cybersurveillance généralisée.

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La doctrine de défense iranienne repose sur une stratégie d’endurance, de flexibilité et de résistance à long terme plutôt que sur une victoire militaire décisive.

RISQUE DE GUERRE RÉGIONALE

L’expert en relations internationales, le professeur Hasan Köni, a déclaré qu’une éventuelle attaque américaine contre l’Iran pourrait conduire à une guerre régionale et a évalué : « Dans un tel scénario, les installations nucléaires et la structure de commandement militaire de l’Iran seraient prises pour cible.

SCÉNARIOS POUR LA Türkiye

Umur Tugay Yücel (politologue et stratège)

«Un conflit limité ou de grande ampleur entre les États-Unis et l’Iran ébranlerait en premier lieu les marchés de l’énergie. La capacité militaire de l’Iran autour du détroit d’Ormuz et le rôle crucial de cette ligne dans le transport mondial du pétrole et du GNL augmentent le risque de fluctuations soudaines et brusques des prix de l’énergie. Pour la Turquie, cette situation signifie une augmentation rapide de la facture des importations de pétrole et de gaz naturel et un renforcement de la pression inflationniste sur les coûts de l’énergie.»

EXISTE-T-IL UN RISQUE TERRORISTE ?

«On s’attend à ce que l’Iran réponde à une éventuelle attaque américaine non pas directement, mais en grande partie par le biais d’éléments mandatés. Ce scénario pourrait accroître l’activité en Irak et en Syrie. Pour la Turquie, cette situation peut présenter de nouveaux risques dans les domaines de la sécurité des frontières, des équilibres antiterroristes et des opérations militaires.

Y AURA-T-IL DES MIGRATIONS ?

«L’instabilité à long terme ou la faiblesse de la sécurité intérieure en Iran signifient également la possibilité d’une nouvelle vague migratoire pour la Turquie. Pour la Turquie, qui supporte actuellement un lourd fardeau migratoire, la migration irrégulière en provenance d’Iran pourrait créer une pression supplémentaire sur la gestion des frontières et l’équilibre social.»

QUE DEVIENDRA LE COMMERCE ?

« Les droits de douane supplémentaires et les sanctions secondaires imposés par les États-Unis aux pays qui font du commerce avec l’Iran peuvent potentiellement affecter directement le commerce entre la Turquie et l’Iran. Il existe un risque d’augmentation des coûts et de perte de marché dans de nombreux secteurs, notamment l’énergie, le tourisme et les produits d’exportation. «La possibilité d’un conflit régional pourrait entraîner des perturbations dans les lignes logistiques terrestres et maritimes.»

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