Le bouton a été enfoncé pour ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre l’Union européenne et le Canada. Dans son discours sur l’état de l’Union au Parlement européen le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé au Canada de devenir le premier « membre associé » de l’UE. Von der Leyen a suggéré d’élargir les relations avec le Canada au-delà de l’accord commercial actuel et d’établir un partenariat plus large, de la défense à l’énergie, de l’intelligence artificielle aux matières premières critiques.
RÉPONSE CHALEUREUX DE CARNEY À L’OFFRE
Le Premier ministre canadien Mark Carney a salué la proposition de von der Leyen. À la suite de la rencontre entre Carney et von der Leyen à Strasbourg, le bureau du Premier ministre canadien a annoncé que les deux parties soutenaient la proposition visant à aller au-delà de l’Accord économique et commercial global (AÉCG) entre le Canada et l’UE et à établir une alliance plus forte et plus globale. Les minéraux critiques, l’industrie de la défense, l’intelligence artificielle, la sécurité énergétique, l’espace, les services financiers et les systèmes de paiement ont été abordés lors des réunions.. Les parties ont également convenu de travailler à faciliter le commerce numérique des biens non agricoles et à développer le commerce des services.
SOUTIEN AU PARLEMENT EUROPÉEN
Lors de sa rencontre avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, Carney a réitéré l’objectif du Canada de renforcer ses relations stratégiques avec l’Europe.. Les minéraux critiques, l’énergie, la défense, la recherche et les technologies avancées étaient les principaux sujets de la réunion. Carney a décrit l’UE comme un partenaire central dans les efforts du Canada visant à renforcer l’autonomie stratégique, la résilience économique et la souveraineté.
COMMENT SERA « L’ADHÉSION CONJOINTE » ?
L’aspect le plus frappant de la proposition est que le concept de « membre associé » est nouveau pour l’UE. L’adhésion canadienne à part entière est hors de question. Carney a également déclaré précédemment que le Canada ne cherchait pas à devenir membre à part entière de l’UE, mais souhaitait plutôt une « alliance unique ». Il n’a pas encore été déterminé quels droits et obligations incluront le nouveau statut.. Du côté européen, la proposition doit également être transformée en un cadre juridique concret. Par conséquent, les négociations au cours de la période à venir porteront principalement sur les domaines que couvrira le partenariat et sur la mesure dans laquelle le Canada sera inclus dans les mécanismes de l’UE.
ILS SERONT ASSISES À TABLE EN OCTOBRE
La prochaine étape importante des négociations entre le Canada et l’UE sera le sommet UE-Canada qui se tiendra au Canada les 29 et 30 octobre. Jusqu’au sommet, Ottawa continuera d’œuvrer pour un partenariat plus global dans les domaines du commerce, de la défense, de l’énergie, des minéraux essentiels, de la technologie et de l’économie numérique. De son côté, le président américain Donald Trump a réagi à cette proposition et a averti que si l’UE accordait un tel statut au Canada, il pourrait imposer de nouveaux droits de douane à l’Europe.. La Commission européenne a annoncé que la proposition visait « une force commune, et non contre quelqu’un d’autre ».