Le livre qui a ébranlé Israël : « la sécurité intérieure a échoué depuis 54 ans »

A ÉCRIT L’INTÉRIEUR DE SHIN BET

Ancien conseiller à la sécurité nationale de la présidence israélienne et ancien conseiller en chef de l’Agence de sécurité israélienne, le nouveau livre du Dr Avner Barnea aborde l’attentat de Munich, l’attentat à la bombe de Tyr en 1982, l’affaire d’espionnage Markus Klingberg, le dossier Mordechai Vanunu, la première et la deuxième Intifada, l’assassinat de Rabin, la violence extrémiste juive, les événements de mai 2021 et les coulisses de l’attaque du 7 octobre. Dans le livre « L’Agence de sécurité israélienne en crise : comment elle n’a pas pu voir les tempêtes arriver », il a affirmé que le Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure du pays, était un échec majeur en raison de « angles morts » cognitifs, institutionnels et interinstitutionnels.

LA MENACE VENAIT DE L’INTÉRIEUR

L’assassinat du Premier ministre Yitzhak Yitzhak Rabin par l’extrême droite israélienne Yigal Amir à Tel Aviv le 4 novembre 1995 a été l’un des plus graves échecs sécuritaires de l’histoire du Shin Bet. Barnea a affirmé que la structure de sécurité de l’État, qui se concentre sur les menaces extérieures, n’a pas réussi à évaluer la menace extrémiste venant d’Israël. Le livre révèle également que l’extrême droite du pays était armée après l’assassinat de Rabin.

DOSSIER KLINGBERG

L’un des exemples les plus frappants de contre-espionnage du livre est l’affaire Markus Klingberg. Il a été révélé que Klingberg, qui occupait des postes importants au sein du centre de recherche biologique israélien, espionnait depuis des années pour le compte de l’Union soviétique. Selon Barnea, reléguer au second plan les menaces provenant de l’intérieur du pays n’est pas seulement une erreur du passé ; l’un des principaux risques auxquels sont confrontées les agences de renseignement modernes à l’échelle mondiale.

MUNICH 1972. LA GRANDE CRISE SÉCURITÉ

Lors des Jeux olympiques de Munich, le 5 septembre 1972, l’organisation Septembre Noir pénétra dans le bâtiment où logeait l’équipe israélienne et prit les athlètes en otage. La crise a entraîné la mort de 11 athlètes et entraîneurs israéliens suite à l’échec d’une tentative de sauvetage des autorités allemandes. Barnea cite Munich comme le plus grand échec de l’histoire du Shin Bet. Selon Barnea, l’attaque a mis en évidence les problèmes de partage de renseignements internes, d’alerte précoce et de coordination entre les différentes agences de sécurité.