La vérité est que de nombreuses régions d’Europe ne sont pas prêtes à affronter une chaleur aussi extrême. D’un côté, le continent discute de la manière de faire face à la chaleur torride, et de l’autre, il craint que les méthodes présentées comme des solutions ne gonflent encore la facture énergétique.
Bruxelles s’apprête à compiler les mesures qui peuvent être prises contre la canicule. Cependant, des sources européennes reconnaissent que la planification urbaine est inadéquate dans de nombreuses régions et que de meilleures solutions de refroidissement sont nécessaires.
Il n’est pas courant que les maisons soient climatisées en Europe centrale. En revanche, les ventes de supporters ont explosé, surtout la nuit. Dans des villes comme Londres et Berlin, ainsi que dans la capitale belge Bruxelles, les thermomètres dépassaient les 30 degrés même bien après minuit. Des événements presque sans précédent ont également eu lieu ces derniers jours : déformation des rails en Allemagne et en Autriche à cause de la chaleur, papier thermique collé sur les fenêtres pour garder les maisons fraîches en France et suspension des cours dans certaines régions d’Europe centrale.
Des sources de l’UE ont estimé que «la climatisation est certainement l’un des outils et, dans certains cas, un outil très nécessaire». Cependant, il est prévenu que connecter l’ensemble de la solution à l’installation de climatisation comporte également des risques. Passer d’un environnement refroidi à 18 ou 20 degrés à l’intérieur à une température supérieure à 35 degrés à l’extérieur peut provoquer des différences soudaines de température pouvant entraîner des problèmes de santé.
Les événements météorologiques extrêmes font désormais partie du quotidien des Européens. Selon les données disponibles auprès de la Commission européenne, les dégâts causés par les événements météorologiques extrêmes entre 1980 et 2024 ont atteint 822 milliards d’euros. Un quart de ces dégâts se sont produits au cours des quatre dernières années seulement.
Il est reconnu qu’il y a eu un manque de préparation à Bruxelles et qu’il a été tard dans de nombreux endroits. Le problème est particulièrement évident dans les régions qui ne sont pas habituées aux vagues de chaleur. Selon des sources européennes, ces vagues se produiront de plus en plus fréquemment. De nombreuses étapes restent encore à franchir dans des pays comme la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la France. Par exemple, l’utilisation du béton comme matériau principal dans les bâtiments permet de conserver la chaleur à l’intérieur. Bien que cela constitue un avantage pendant les mois d’hiver, cela se transforme en inconvénient dans la lutte contre la chaleur torride.
La France, en revanche, a pris quelques mesures pour s’adapter aux périodes chaudes. L’une des images les plus frappantes de ces derniers jours est celle de milliers de personnes nageant dans la Seine pour faire face aux températures élevées.
La planification urbaine est problématique
Selon la Commission européenne, il faut aborder la question sous l’angle de l’urbanisme. Parce que la plupart des bâtiments du continent sont anciens, ont une faible efficacité énergétique et une résistance limitée aux températures extrêmes. Des sources européennes rappellent que les bâtiments sont responsables d’environ 40 pour cent de la consommation d’énergie dans l’Union européenne et produisent environ 36 pour cent des émissions. Même si le chauffage reste le principal moteur de la demande énergétique, les besoins en climatisation augmentent chaque année.
Face à cette situation, Bruxelles considère la rénovation des bâtiments existants comme l’un des principaux outils. L’objectif est d’augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments, de renforcer leur capacité d’adaptation aux températures élevées et de créer des espaces de vie plus sains. Il convient également de rappeler qu’environ trois bâtiments existants sur quatre continueront à être utilisés en 2050. C’est pourquoi la modernisation des bâtiments existants est considérée comme l’un des thèmes majeurs des années à venir.
Les institutions européennes soulignent également qu’une attention particulière doit être accordée aux groupes vulnérables. Le changement climatique amplifie les risques pour les personnes handicapées en Europe en augmentant la fréquence et la gravité des événements extrêmes tels que les incendies et les inondations. Cependant, des sources européennes affirment que les graves conséquences auxquelles ce groupe est confronté ne sont pas dues au handicap lui-même, mais à des obstacles structurels dans les systèmes de gestion des urgences.
Entre 2015 et 2022, au moins 48 personnes handicapées sont mortes à cause d’incendies et d’inondations dans des institutions dans six pays européens. Ces décès sont attribués au manque de plans d’évacuation adaptés, à une dépendance excessive à l’égard du soutien du personnel et à l’absence de protocoles spécifiques. Les systèmes d’alerte précoce s’appuient encore largement sur des signaux vocaux ou des messages texte standards, laissant de côté les personnes sourdes, les personnes ayant une déficience intellectuelle et les personnes ayant des besoins particuliers en matière de communication.
D’autre part, la Commission européenne rappelle que la principale autorité dans des domaines tels que l’expansion des systèmes de climatisation, l’urbanisme et la conception des villes appartient aux États membres, aux gouvernements régionaux et aux municipalités. Le rôle de l’Union européenne dans ce partage des tâches se limite à fixer des normes pour les bâtiments et les produits et à soutenir des instruments de financement qui encourageront la rénovation énergétique.