La décision de l’administration chypriote grecque d’ouvrir une ambassade au Kazakhstan a eu un effet de choc en Turquie. Le poids d’Astana au sein de l’Organisation des États turcs, son statut de pays central du Corridor central et la visibilité accrue de la RTCN dans le monde turc ces dernières années ont fait de l’initiative de l’administration grecque au Kazakhstan un sujet beaucoup plus sensible. La remise de la « Médaille d’État de l’amitié » par le président kazakh Kasım Cömert Tokayev au chef de l’administration chypriote grecque de Chypre du Sud, Nikos Hristodulidis, a encore renforcé la dimension symbolique de cette démarche diplomatique. Dans l’analyse, il est indiqué que la démarche d’Astana de l’administration chypriote grecque concerne indirectement non seulement les thèses de la Turquie sur la Méditerranée orientale, mais aussi la ligne eurasienne qu’elle tente d’établir à travers l’Organisation des États turcs.
STRATÉGIE DE SIÈGE DE LA RTCN
Il est curieux de savoir comment cette initiative d’Astana affectera la visibilité de la RTCN dans le monde turc. Bien que la RTCN ait le statut d’observateur auprès de l’Organisation des États turcs, la Turquie déploie depuis longtemps des efforts diplomatiques pour rendre la RTCN plus visible sur les plateformes internationales. Contre ça L’administration grecque veut réduire la zone de légitimité de la RTCN au sein du monde turc, accroître ses contacts directs avec les pays d’Asie centrale et exprimer plus fortement sa revendication de «le seul État chypriote légitime» dans les capitales régionales.
LE CENTRE DU CORRIDOR DU KAZAKHSTAN
En plus d’être l’un des membres les plus importants de l’Organisation des États turcs, le Kazakhstan fait également partie des pays centraux du Corridor central. Pour la Turquie, Astana revêt une importance stratégique en termes de lignes de transport traversant la Caspienne, de sécurité énergétique, de connexions logistiques, de diplomatie de défense et de vision du monde turc. C’est pour cette raison que le renforcement par l’administration grecque de sa représentation diplomatique au Kazakhstan est évalué non seulement dans le contexte des relations bilatérales, mais aussi en termes de possibilité de « déplacer la question chypriote vers les plateformes eurasiennes ».
INITIATIVE DE LIGNE VERS LA MÉDITERRANÉE
Les stratèges soulignent en revanche que cette démarche de l’administration grecque concerne indirectement non seulement les thèses de la Turquie sur la Méditerranée orientale, mais aussi la ligne eurasienne qu’elle tente d’établir à travers l’Organisation des États turcs. L’expert en relations internationales, le professeur Hasan Köni, commentant la stratégie de l’administration grecque, «Les Chypriotes grecs ne se limitent pas à maintenir la question chypriote sur le terrain des Nations Unies et de l’Union européenne, mais tentent également d’étendre la ligne diplomatique qu’ils ont établie en Méditerranée orientale à travers Israël, la Grèce, l’Égypte et l’Union européenne à une géographie plus large. Les contacts avec l’Inde, les pays du Golfe, le Moyen-Orient et désormais l’Asie centrale sont considérés comme faisant partie de cette stratégie d’expansion. «L’ouverture d’une ambassade au Kazakhstan est un nouveau maillon dans la quête pour se positionner comme un ‘pont diplomatique’ entre la Méditerranée orientale et l’Eurasie», dit-il.
AVERTISSEMENT DE MOUVEMENT PROFONDE
L’analyste stratégique Dr. Ahmet Uslu a, pour sa part, souligné que le Kazakhstan a une approche de politique étrangère qui tente d’établir des relations avec de nombreux centres en même temps dans l’ordre mondial multipolaire, et a déclaré : « L’épreuve à laquelle est confrontée la Turquie commence ici. «Ankara doit approfondir ses relations stratégiques avec le Kazakhstan, renforcer le corridor central et maintenir son rôle de leader au sein de l’Organisation des États turcs».
MICRO DIPLOMATIE
«À mesure que le statut d’observateur et la visibilité de la RTCN augmentent dans le monde turc, l’administration grecque peut mener une diplomatie plus active dans les capitales d’Asie centrale pour équilibrer ce processus. Le troisième est la stratégie eurasienne de la Turquie. La ligne qu’Ankara a construite à travers le corridor central, la sécurité énergétique, la coopération en matière de défense et l’Organisation des États turcs peut être déplacée vers un terrain plus compétitif grâce aux initiatives diplomatiques de l’administration chypriote grecque soutenues par l’UE. Les politologues qualifient cette évolution de « microdiplomatie du monde multipolaire ».

CELA AUGMENTERA LA TENSION
«Les ressources énergétiques autour de l’île de Chypre, les juridictions maritimes, les thèses du plateau continental de la Turquie, les droits de la RTCN et le pouvoir de lobbying de l’axe gréco-chypriote grec au sein de l’Union européenne comptent depuis longtemps parmi les principaux sujets de tension régionale. «L’administration grecque voudra ouvrir un soutien diplomatique à sa position en Méditerranée orientale en approfondissant ses relations avec un pays comme le Kazakhstan, riche en énergie et situé au centre des connexions eurasiennes.»
(email protégé)