Les mesures prises par l’administration du président américain Donald Trump pour réduire sa présence militaire en Europe sont considérées comme le début d’une nouvelle ère au sein de l’OTAN. Dans l’analyse publiée par la plateforme d’analyse Novinite basée en Europe de l’Est, il est souligné que Washington ne se prépare pas à se retirer complètement de l’Europe, mais souhaite transférer de plus en plus la charge de la défense du continent vers les alliés européens. Les responsables de l’OTAN affirment que cette transformation sera « une transition contrôlée qui durera plusieurs années ». Ces dernières semaines, la décision du ministère américain de la Défense de retirer certaines troupes d’Europe a été suivie avec attention, notamment en Allemagne et en Pologne. Selon le plan du Pentagone, les États-Unis retireront l’un de leurs quatre groupements tactiques de brigade en Europe.
4 MILLE SOLDATS DANS CHACUN
Avec la réduction de ces troupes, composées chacune d’environ 4 000 soldats, Washington devrait réduire progressivement sa charge militaire en Europe. Il a également été signalé que le nouvel envoi de troupes prévu vers la Pologne avait été suspendu. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé que le processus ne serait pas soudain. R.Selon Utte, la réorganisation américaine du partage des charges est une « évolution logique » dans la mesure où les pays européens ont augmenté leurs dépenses de défense ces dernières années.. La direction de l’OTAN affirme que le retrait des troupes américaines n’affaiblira pas la dissuasion de l’alliance et que le processus se déroulera conformément aux plans de défense de l’OTAN.
PARAPLUIE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE
Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Alexus Grynkewich, a également annoncé que le retrait s’étendrait sur plusieurs années. Grynkewich a déclaré qu’à mesure que les pays européens renforçaient leur capacité militaire, les États-Unis ne faisaient que «capacités stratégiques critiques» Il a déclaré qu’il continuerait à fournir ces éléments. Il s’agit notamment du renseignement satellitaire, des bombardiers stratégiques, des systèmes de commandement et de contrôle et du parapluie nucléaire américain.
L’ANXIÉTÉ EN EUROPE
Il existe un sérieux malaise dans les capitales européennes. D’autant plus que la présence militaire américaine en Europe s’est à nouveau renforcée après la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le processus de retrait entamé suscite désormais des problèmes de sécurité dans certains pays. Les diplomates européens pensent qu’un retrait américain rapide pourrait créer un vide défensif sur le flanc oriental de l’Europe.. L’approche de l’administration Trump n’a pas changé depuis longtemps. Trump a critiqué les membres de l’OTAN pour n’avoir pas augmenté leurs dépenses de défense depuis son premier mandat de président.
CIBLE INDO-PACIFIQUE
Le président américain a récemment demandé aux pays de l’OTAN de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut à la défense. Ce taux est considéré comme un objectif très difficile à atteindre pour de nombreux pays européens. Certains cercles républicains à Washington soutiennent que les États-Unis devraient diriger leurs ressources vers la région Indo-Pacifique plutôt que vers l’Europe. Le changement dans la position militaire américaine en Europe ne se limite pas au nombre de soldats.. L’administration Trump a également annulé le déploiement de systèmes de missiles Tomahawk et hypersoniques à longue portée qui devaient être déployés en Allemagne. Selon l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, cette décision pourrait créer une grave lacune dans la « capacité de frappe de grande précision » de l’Europe contre la Russie. Parce que les pays européens ne disposent toujours pas de capacités de missiles à longue portée au niveau des États-Unis.

UNE NOUVELLE STRATÉGIE
Les analystes dont les points de vue sont inclus sur la plateforme évaluent cette décision de Washington comme une stratégie non seulement militaire mais aussi géopolitique. Il semblerait que l’administration Trump souhaite se concentrer davantage sur la région Asie-Pacifique, contrairement à la Chine, et tente donc de réduire le fardeau qui pèse sur l’Europe.. Le concept de « pilier européen », fréquemment utilisé au sein de l’OTAN ces derniers temps, est au centre de cette transformation. En conséquence, les pays européens assumeront une part plus importante de la défense conventionnelle, tandis que les États-Unis joueront un rôle plus limité mais stratégique.
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