Avec la suppression de la réglementation interdisant l’exportation d’animaux vivants destinés à l’abattage, en vigueur depuis 1973, les producteurs argentins s’apprêtent à effectuer leurs premières expéditions. Cette étape est considérée comme un élément important du processus de libéralisation du marché de la viande du pays.
La Turquie est un marché clé
Bien que les États-Unis occupent le premier rang mondial pour les importations d’animaux vivants, ce commerce s’effectue en grande partie au niveau régional (sur la ligne Canada-Mexique). Sur les marchés ouverts, Türkiye se démarque.
La Turquie est le deuxième importateur d’animaux vivants au monde, important plus de 700 000 animaux en 2023. La demande annuelle dépasse 1,2 million de têtes. Cette situation fait de la Turquie un marché stratégique pour l’Argentine.
La production halal et les raisons culturelles sont efficaces
Il y a des raisons non seulement économiques, mais aussi religieuses et culturelles, derrière la forte demande turque d’importations d’animaux vivants.
La Turquie préfère nourrir et abattre les animaux qu’elle importe sur son propre sol. La principale raison en est de garantir les normes d’abattage halal. Les animaux sont élevés dans des conditions naturelles et le processus d’abattage respecte les règles religieuses. Cette situation rend les importations d’animaux vivants indispensables pour la Turquie.
Il y a de la concurrence : l’Uruguay et le Brésil sont en tête
Si l’Argentine est considérée comme nouvelle dans ce domaine, deux concurrents de taille se démarquent en Amérique du Sud. L’Uruguay exporte depuis 2010, son plus gros client est la Turquie. Le Brésil, en revanche, connaît une croissance rapide, visant 1,5 million de têtes en 2026. Les deux pays vendent fortement sur des marchés tels que la Turquie, l’Irak et l’Égypte.
Selon les experts, les exportations d’animaux vivants offrent un modèle qui soutient la production plutôt que de concurrencer l’industrie des abattoirs.
Une nouvelle ère dans la ligne Turquie-Argentine
Özgür Yücel Demir, président de la Chambre de commerce argentine-turque, déclare que ce nouveau processus offre une opportunité gagnant-gagnant pour les deux pays. Il existe un approvisionnement régulier et de haute qualité en animaux vivants pour la Turquie, ainsi qu’un nouveau marché d’exportation et une opportunité de croissance économique pour l’Argentine. Cette coopération devrait renforcer davantage les relations commerciales entre les deux pays.
Avec la levée de l’interdiction par l’Argentine, la Turquie pourrait bénéficier d’une nouvelle et puissante alternative en matière d’approvisionnement en animaux vivants. Compte tenu de la demande croissante et des exigences de production halal, cette évolution pourrait affecter directement à la fois les prix et la chaîne d’approvisionnement dans la période à venir.