Selon la décision du juge Raúl Horacio Ojeda, le syndicat représenté par les coprésidents de la CGT Jorge Sola, Octavio Argüello et Cristian Jerónimo a soutenu que de nombreux articles de la nouvelle loi du travail étaient inconstitutionnels. Le syndicat a déclaré que ces règlements ont été publiés au Journal officiel le 6 mars 2026 ; Il a soutenu que cela violait les droits fondamentaux garantis par les accords constitutionnels et internationaux, tels que la protection du droit au travail, la liberté d’association, l’interdiction de la discrimination, la protection judiciaire efficace et la progressivité des droits sociaux.
Le procès intenté par la CGT exige que les modifications apportées à la législation du travail en vigueur en Argentine soient déclarées inconstitutionnelles. Il s’agit notamment de la loi sur les contrats de travail (20.744) et des réglementations sur les heures de travail, les congés, la représentation syndicale, la négociation collective et le statut syndical. Les principaux points d’opposition comprennent : le rétrécissement du champ d’application de la loi sur les contrats de travail, les nouvelles réglementations pour les plateformes numériques, la limitation de la responsabilité solidaire des employeurs, l’abolition du principe de « l’interprétation en faveur du travailleur », les modifications des règles de grève et de représentation syndicale et l’abrogation de la loi sur le travail à distance (27.555).
L’État, par l’intermédiaire du Secrétariat du Travail et du Bureau du Procureur du Trésor, s’est opposé à ces allégations et a présenté diverses objections procédurales et substantielles. Pour la défense de l’État, il a été affirmé que la CGT n’avait pas le pouvoir de représenter l’ensemble des salariés, qu’il n’y avait pas de litige concret et que la légitimité des activités législatives devait être protégée. Il a également été avancé que la suspension temporaire d’une loi nuirait à l’intérêt public et au principe de séparation des pouvoirs.
Le tribunal a estimé que l’affaire remplissait les conditions procédurales nécessaires et a reconnu le pouvoir de représentation collective de la CGT. Dans le même temps, il a décidé de mettre en œuvre des mesures de précaution pour préserver la situation actuelle afin d’éviter des dommages irréparables.
Lors de l’examen des articles contestés, le tribunal a particulièrement attiré l’attention sur les questions suivantes : exclusion des travailleurs des plateformes du champ de protection, suppression de l’hypothèse de relation de travail dans la prestation de services, réduction des garanties en matière de sous-traitance, flexibilité des horaires de travail et des congés, limitation des pouvoirs des syndicats, rupture des contrats de travail et modification du calcul des indemnités, et allégations selon lesquelles de nouveaux fonds de soutien aux entreprises pourraient affecter le financement de la sécurité sociale.
Pour justifier la décision, le juge a déclaré que la mise en œuvre de ces réglementations sans décision définitive pourrait causer des « dommages irréparables » aux droits individuels et collectifs. Il a également souligné que cette mesure provisoire est temporaire et n’affecte pas la décision finale sur le fond de l’affaire.
Bien que l’État ait soutenu que les réformes visaient à l’intégration internationale, à attirer les investissements et à augmenter l’emploi enregistré, le tribunal a déclaré que ces arguments relevaient du débat politique et que le pouvoir judiciaire devait principalement contrôler la constitutionnalité.
Selon la décision, les articles suspendus couvrent des domaines tels que les conditions de travail, les salaires, les garanties de licenciement, les horaires de travail, les congés et la protection syndicale. Cette mesure couvre tous les salariés et employeurs soumis à la loi sur les contrats de travail et aux réglementations pertinentes.
Le secrétaire général adjoint de la CGT, Andrés Rodríguez, a qualifié la décision de «bonne nouvelle pour le mouvement syndical» et a déclaré que le tribunal avait jugé plus d’articles inconstitutionnels que prévu. «Maintenant, le fond de l’affaire va être discuté, mais c’est déjà un grand progrès. Cette soi-disant modernisation du travail n’est pas conforme aux droits constitutionnels et viole de nombreux droits individuels et collectifs des salariés», a déclaré Rodríguez.
Le secrétaire aux Affaires intérieures de la CGT, Héctor Daer, a déclaré dans son message sur les réseaux sociaux que le tribunal avait fixé une limite constitutionnelle à la réforme du travail et que l’injonction permettait de poursuivre le débat juridique tout en préservant la paix sociale.
En revanche, vendredi dernier, le Tribunal fédéral de San Martín a suspendu temporairement l’application des articles 131 et 133 de la réforme dans le cadre de certaines conventions collectives liées au secteur du commerce et des services. Cette décision a été prise spécifiquement à la demande du Syndicat des salariés.