Deux nouvelles études publiées dans Nature, l’une des revues scientifiques les plus respectées au monde, changent radicalement ce que nous savons de l’histoire de l’ami le plus fidèle de l’humanité.
L’analyse de l’ADN effectuée sur des fragments d’os microscopiques trouvés dans la colonie de Pınarbaşı près de Konya a fait remonter l’histoire des chiens domestiques 5 000 ans plus loin que prévu, jusqu’à la période du Paléolithique supérieur.
Il a été confirmé que les restes de chiots trouvés à Pınarbaşı ont 15 800 ans. Cela a dépassé le précédent record de 10 900 ans établi en Russie.
ILS SE NOURRIENT DE POISSON COMME LES HUMAINS
Les analyses osseuses montrent que ces chiens partageaient le même menu que leurs propriétaires chasseurs-cueilleurs. Il a été déterminé que les alevins, en particulier à Pınarbaşı, étaient nourris avec des poissons d’eau douce comme les humains.
Les gens de la période paléolithique enterraient les chiots morts avec des rituels similaires dans les mêmes zones où ils enterraient leurs propres morts. Cela prouve qu’à cette époque les chiens n’étaient pas seulement des « outils », mais des membres symboliques de la famille.
SIMILARITÉ INTERCONTINENTALE
L’un des résultats les plus surprenants de la recherche est que, bien qu’il y ait une distance de 4 000 kilomètres entre l’Anatolie (Pınarbaşı) et l’Angleterre (Gough’s Cave), les chiens y sont presque génétiquement identiques. Les scientifiques affirment qu’à la fin de la période glaciaire, la population de chiens s’est répandue très rapidement à travers l’Eurasie et aurait pu être échangée comme une « marchandise précieuse » entre différentes sociétés humaines.
Cette découverte prouve que le processus de domestication des chiens est bien plus ancien et complexe qu’on ne le pense.