Pour la première fois, l’humanité a réussi à établir une « ligne de défense » contre une menace cosmique. Les résultats de la collision intentionnelle du vaisseau spatial DART (Double Asteroid Redirection Test) de la NASA avec l’astéroïde Dimorphos ont eu un large impact dans le monde scientifique. De nouvelles données publiées dans la revue Science Advances révèlent que la collision affecte non seulement la cible mais l’ensemble du système.
Victoire en quelques secondes : trajectoire modifiée de façon permanente
L’auteur principal de l’étude, le Dr Rahil Makadia, à la suite de la collision, la période orbitale de 770 jours de Dimorphos et de son compagnon Didymos autour du Soleil a été définitivement raccourcie de moins d’une seconde.
Le Dr Makadia explique l’importance vitale de ce petit changement avec les mots suivants :
«Le changement de vitesse orbitale était d’environ 4 centimètres par heure. Cela peut paraître minime, mais à l’échelle spatiale, une déviation aussi importante pourrait faire la différence entre un astéroïde géant frappant la Terre ou non.»
Nuage de débris de 16 millions de kilogrammes : plus efficace qu’une collision !
De nouvelles images et données prouvent qu’il y a eu une éjection massive de matière dans l’espace au moment de l’impact. Environ 16 millions de kilogrammes de roches et de poussières, soit 30 000 fois la masse du vaisseau spatial, ont été dispersés dans l’espace.
Les experts ont découvert que la poussée principale n’était pas fournie par le vaisseau spatial lui-même, mais par la « force de réaction » créée par ces débris dispersés. Bien que Dimorphos, large de 170 mètres, n’ait perdu que 0,5 % de sa masse, cette perte a été suffisante pour modifier son orbite.
Résultats soulignés
La vitesse du système binaire a augmenté de 11,7 micromètres par seconde. L’orbite de Dimorphos autour de son astéroïde parent a duré 33 minutes. Pour la première fois, un objet fabriqué par l’homme a modifié la trajectoire d’un corps céleste autour du Soleil.
Astronomes amateurs et occultation des étoiles
Derrière cette mesure précise se cache une armée silencieuse de héros. Entre octobre 2022 et mars 2025, des astronomes bénévoles du monde entier ont collecté des données provenant de 22 observations différentes. Avec la méthode «d’occultation d’étoiles», ces calculs millimétriques pourraient être effectués en surveillant les changements de lumière en millisecondes lorsque l’astéroïde passait devant les étoiles.
Quelle est la prochaine étape ? La mission Héra est en route
Un nouveau rideau s’ouvre dans la défense planétaire. La sonde spatiale Hera, lancée par l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2024, atteindra le système d’astéroïdes cet automne. Hera examinera de près le cratère formé après la collision et l’état final du système et l’enverra sur Terre.