Bien que le nombre de cas en 2024 soit inférieur de 16 pour cent à celui de l’année dernière, l’augmentation de 126 pour cent des décès est extrêmement alarmante.
L’augmentation du nombre de décès est en partie attribuée aux localisations spécifiques de ces épidémies, notamment les zones touchées par le conflit où l’accès aux soins de santé est gravement compromis, les zones confrontées à des inondations majeures qui endommagent les infrastructures critiques et les zones dotées d’installations médicales inadéquates. Ces défis sont particulièrement prononcés dans les zones rurales et isolées, où les retards dans l’accès au traitement sont fréquents en raison de la médiocrité des infrastructures et des ressources de santé limitées.
De nouvelles épidémies de choléra ont été signalées au Niger (705 cas et 17 décès) et en Thaïlande (cinq cas et aucun décès) depuis le dernier rapport, portant le nombre total de pays touchés à 30 en 2024.
Dans la déclaration de l’OMS : « Au 14 octobre, le stock mondial de vaccin oral contre le choléra est épuisé et il ne reste plus de doses. «Même si d’autres doses devraient arriver dans les semaines à venir, cette pénurie crée des difficultés significatives dans les efforts de réponse à l’épidémie et entrave les efforts visant à contrôler la propagation de la maladie.»
LE NOMBRE DE CAS A AUGMENTÉ CES DERNIÈRES ANNÉES
Selon les données de l’OMS, après des décennies de progrès dans la lutte contre le choléra, les cas sont à nouveau en hausse, même dans les pays où la maladie n’a pas été observée depuis des années.
Le choléra est une infection intestinale aiguë transmise par la nourriture et l’eau, généralement les selles, contaminées par la bactérie « Vibrio cholerae ». Le choléra peut être évité grâce à un système d’eau potable et d’égouts. Non traitée, elle peut tuer en quelques heures, mais un accès immédiat au traitement sauve des vies.
Alors que les déclencheurs des épidémies de choléra, tels que la pauvreté et les conflits, persistent, le changement climatique et les conflits exacerbent désormais le problème. Les événements climatiques extrêmes tels que les inondations, les cyclones et les sécheresses réduisent l’accès à l’eau potable et créent un environnement idéal pour que le choléra se développe.
En 2022, 44 pays ont signalé des cas de choléra. Ce nombre a augmenté de 25 pour cent par rapport aux 35 pays qui ont signalé des cas en 2021. Cette tendance s’est poursuivie en 2023. Les récentes épidémies ont également été plus meurtrières, les taux de mortalité atteignant leur plus haut niveau depuis une décennie.
Cette augmentation des épidémies et des cas met à l’épreuve la capacité de réponse mondiale. Il y a une pénurie d’outils contre le choléra, notamment de vaccins.
L’OMS estime que le risque mondial actuel lié au choléra est très élevé et y répond de toute urgence pour réduire les décès et contrôler les épidémies dans les pays du monde entier.
INDICATEUR DE MANQUE DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL
Le choléra reste une menace mondiale pour la santé publique et une manifestation d’inégalité et de manque de développement social. Les chercheurs estiment qu’il y a entre 1,3 et 4 millions de cas de choléra chaque année dans le monde et qu’entre 21 000 et 143 000 personnes meurent à cause de l’infection.
Le choléra est une maladie extrêmement grave qui peut provoquer une diarrhée aqueuse aiguë sévère accompagnée d’une déshydratation sévère. Il faut entre 12 heures et 5 jours pour qu’une personne développe des symptômes après avoir consommé des aliments ou de l’eau contaminés. Le choléra touche à la fois les enfants et les adultes et, s’il n’est pas traité, entraîne la mort en quelques heures.
La plupart des personnes infectées par Vibrio cholerae ne présentent aucun symptôme, mais la bactérie est présente dans leurs selles pendant 1 à 10 jours après l’infection. Cela signifie que les bactéries peuvent se propager dans l’environnement et potentiellement infecter d’autres personnes.
Le choléra est généralement une maladie prévisible et évitable. Elle pourra être finalement éliminée lorsque de bonnes pratiques d’hygiène, ainsi que l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, seront assurés et maintenus pour l’ensemble de la population.