«La France est l’un des premiers membres de l’Union européenne, sa deuxième économie et une force motrice dans les relations avec l’UE. Le RN ne prône plus une sortie de l’Union, mais nombre de ses opinions sont en contradiction avec les politiques de l’UE», écrit le journal. dans son analyse des résultats du premier tour.
Selon le journal, « on craint également qu’une victoire de l’extrême droite ne réduise le soutien à l’Ukraine et n’affaiblisse l’attitude de l’Europe à l’égard de la Russie. «Marine Le Pen a déjà commencé à remettre en question l’autorité de Macron en matière de politique étrangère et de défense et recommande au président de jouer un rôle plus honorifique.»
Le journal Politico estime également que ces élections anticipées «pourraient avoir un impact important sur les marchés et dans toute l’Europe» et ajoute : «L’extrême droite, sceptique quant au rôle de la France au sein de l’OTAN et de l’UE, n’a jamais été aussi proche du pouvoir et Macron cherche une ‘coexistence’ au sein de la présidence.» «Il a une chance de former un gouvernement», écrit-il.
The Economist note qu’une telle coexistence entre un président et un gouvernement qui « ont des opinions diamétralement opposées sur presque toutes les questions » risque de « mettre la Cinquième République et sa stabilité à un sérieux test ».
Dans ce contexte, le journal espagnol La Vanguardia décrit «l’anxiété et le sentiment assourdissant qui règne à Bruxelles, où personne ne peut se tromper sur les risques que font peser sur l’UE les positions de Le Pen, qui a applaudi avec enthousiasme le Brexit il y a huit ans et a encouragé les Français à «Je suis dans la même voie, et les idées ultranationalistes du RN.» souligne «le silence».
Le journal souligne notamment que «l’une des promesses les plus importantes du RN est d’exiger que la contribution annuelle de la France au budget de l’UE soit réduite de deux milliards d’euros par an». Cette exigence est considérée par les experts comme irréalisable, du moins à court terme.
Le journaliste britannique John Lichfield, dans son article dans Politico, déclare : « Les élections françaises comportent le risque de torpiller l’ordre mondial ». Cette élection, prédisait-il avant le premier tour, «pourrait être la plus dévastatrice depuis la guerre, non seulement pour la France mais aussi pour l’UE, l’alliance atlantique et ce qui reste de l’ordre mondial libéral d’après 1945».
Selon Lichfield, « étant donné le leadership de la France dans l’UE, son siège au Conseil de sécurité de l’ONU et l’étendue de sa puissance militaire, cette élection est aussi mondiale que la lutte entre Biden et Trump en novembre ! »