Récit de « Türkiye » à Athènes : qui sera du côté de qui si la guerre éclate ?

Les différends entre la Turquie et la Grèce, centrés sur la mer Égée et la Méditerranée orientale, restent à l’ordre du jour de la presse grecque. La récente montée en puissance de la Turquie dans l’industrie de défense et l’expansion de ses partenariats régionaux ont conduit à la discussion de nouveaux scénarios concernant l’équilibre des pouvoirs à Athènes.

Les analyses de la presse grecque ont évalué la manière dont les acteurs internationaux pourraient prendre position en cas d’éventuelles tensions militaires entre les deux pays.

LES NOUVEAUX PARTENARIATS DE Türkiye SONT À L’AGENDA D’ATHÈNES

Parmi les développements qu’Athènes suit de près figurent les relations de la Turquie avec l’Arabie saoudite et le Pakistan.

Le journal grec Vima a également écrit que l’accord de défense commune de La Mecque signé récemment entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Pakistan offrait des avantages significatifs à Ankara.

Dans l’analyse, l’attention a été attirée sur l’armée régulière et la capacité nucléaire du Pakistan, la puissance économique et énergétique de l’Arabie saoudite et l’industrie de défense turque en développement rapide. Il a été estimé que la Turquie a renforcé sa position au Moyen-Orient grâce à ce partenariat.

L’ATTITUDE DE L’EUROPE EST UN POINT D’INTERROGATION

Un autre pilier des discussions dans la presse grecque est l’Europe. La principale question pour Athènes est de savoir dans quelle mesure les pays européens soutiendront la Grèce en cas d’éventuelles tensions turco-grecques.

Cependant, le poids militaire de la Turquie au sein de l’OTAN et ses relations toujours croissantes en matière d’industrie de défense avec les pays européens soulèvent des questions en Grèce sur cette question.

La déclaration de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, à la presse grecque en juin, soulignant que l’Europe a besoin de coopération avec la Turquie, notamment dans le domaine de la défense, a également été reflétée dans ces discussions.

ATHÈNES COMPREND ÉGALEMENT ISRAËL DANS SON COMPTE INFORMATIQUE

Les relations militaires et stratégiques que la Grèce a développées avec Israël ces dernières années sont présentées comme l’un des éléments importants dont dispose Athènes.

Cependant, les évaluations dans la presse grecque expriment également l’opinion que des relations étroites avec Israël pourraient ne pas suffire à elles seules face à la capacité militaire croissante de la Turquie et à ses partenariats régionaux.

ILS ATTIRENT L’ATTENTION SUR L’INDUSTRIE DE LA DÉFENSE TURQUE

Il semble que les inquiétudes d’Athènes ne proviennent pas uniquement des relations diplomatiques de la Turquie. L’industrie de défense nationale en pleine expansion de la Turquie, des drones et UCAV aux systèmes de missiles, des navires de guerre aux projets d’avions de combat nationaux, est également au centre des analyses grecques.

Dans des évaluations précédemment publiées dans la presse grecque, il a été déclaré que la forte industrie de défense nationale de la Turquie réduisait la dépendance d’Ankara à l’étranger et fournissait à la Turquie une résilience stratégique face à d’éventuelles crises. Dans les mêmes évaluations, il a été indiqué que la dépendance extérieure de la Grèce dans certains domaines, notamment en matière de munitions, pourrait constituer un désavantage pour Athènes.

APPELS DE « PRÉPARATION » D’ATHÈNES

Dans d’autres analyses publiées récemment en Grèce, des appels sont lancés pour que l’administration athénienne se prépare à un éventuel scénario de conflit avec la Turquie.

Alors que les évaluations des auteurs grecs affirment que l’influence régionale de la Turquie augmente rapidement, d’autres affirment que la Grèce ne devrait pas se contenter d’acheter de nouveaux systèmes d’armes.

En revanche, les déclarations des autorités officielles des deux pays révèlent un tableau plus prudent. Le mois dernier, le Premier ministre grec Kiryakos Mitsotakis a déclaré qu’il fallait éviter tout discours public excessif concernant les relations avec la Turquie et a déclaré que les deux pays devaient vivre côte à côte pour des raisons géographiques.

Les analyses récentes de la presse grecque ne reflètent pas une attente officielle d’un conflit, mais plutôt les évaluations de l’équilibre des pouvoirs faites par les commentateurs à Athènes sur une éventuelle crise.