Ce plateau, situé dans la région de Xieng Khouang au Laos et recouvert de milliers de pots en pierre, certains dépassant trois mètres, recèle une grande énigme que les archéologues tentent de résoudre depuis des années. On ne sait toujours pas qui a fabriqué ces poteries, à quelle époque et comment. De plus, la manière dont ces structures pesant des tonnes ont été transportées depuis des carrières situées à plusieurs kilomètres fait partie des questions sans réponse.
Les découvertes obtenues lors de récentes fouilles ont poussé ce mystère encore plus loin. Autour de la poterie, les chercheurs ont trouvé des cloches en alliage de cuivre, des vases funéraires en céramique et notamment des dents humaines et des fragments d’os. Ces ruines confirment fortement que la zone n’était pas seulement une zone de peuplement mais aussi un grand cimetière où des rituels étaient pratiqués.
Selon les scientifiques, les données obtenues suggèrent la pratique d’un « enterrement secondaire ». En conséquence, les défunts ont d’abord été enterrés ailleurs, puis une partie de leurs restes a été déplacée vers la zone où ces pots ont été trouvés et réinhumés.
Les études menées conjointement par des chercheurs australiens et laotiens depuis 2016 s’appuient sur les technologies modernes. Des enquêtes de terrain avec des drones, des méthodes de datation au carbone et par luminescence et des analyses isotopiques sur des restes humains ont permis de mieux comprendre la zone. Ces travaux ont également contribué à l’inscription de la région sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les outils en pierre, les objets en fer, les perles et les ornements métalliques découverts lors des fouilles montrent que le Laos était autrefois connecté à un réseau culturel plus large de l’Asie du Sud-Est. Les cloches en alliage de cuivre, en particulier, offrent des indices importants sur les réseaux commerciaux et d’interaction de la région.
Une autre découverte frappante au cours des recherches a été un objet en fer contenant des restes de bois à l’intérieur. Les scientifiques ont utilisé des techniques de tomodensitométrie et de micro-CT pour examiner l’artefact sans l’endommager. L’analyse a révélé que l’objet contenait des fragments de bois minéralisés. Cependant, il n’est pas encore clair si cet objet est un outil, une arme ou un objet à des fins rituelles.
Malgré tous ces développements, les plus grands secrets de la « Plaine de la Poterie » restent entiers. Les questions de savoir qui a fabriqué ces pots de pierre géants, quand exactement ils ont été produits et comment ils ont été transportés attendent toujours des réponses. Les chercheurs visent à aider la communauté scientifique internationale à résoudre ensemble ce mystère, grâce aux archives numériques en libre accès qu’ils ont créées.