Sujets à suivre sur les marchés mondiaux la semaine prochaine

De nombreuses banques centrales, des États-Unis au Brésil, de l’Europe au Japon, se réuniront la semaine prochaine. Les messages délivrés lors de ces réunions seront suivis de près.

1. LES CORDES SONT ENTRE LES MAINS DE L’IRAN

Les espoirs d’une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient s’affaiblissent progressivement.

Bien que le président américain Donald Trump ait déclaré que la guerre prendrait fin lorsqu’il dirait « c’est fini », la fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, son attaque contre des pétroliers dans le golfe Persique avec des bateaux kamikazes et son attaque contre les installations énergétiques des pays du Golfe montrent que la guerre s’étend progressivement.

Les attaques contre les producteurs d’énergie dans le Golfe et l’appel du nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, hier, à maintenir la fermeture du détroit d’Ormuz, ont fait grimper le prix quotidien du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars.

Même si un cessez-le-feu est rapidement conclu, le retour à la normale du commerce du pétrole, du gaz naturel, des engrais et d’autres produits pétrochimiques pourrait prendre beaucoup de temps.

L’augmentation des prix de l’énergie provoquée par la guerre a entraîné une modification des anticipations d’inflation et d’intérêt cette année.

2. LES ATTENTES DE RÉDUCTION DES INTÉRÊTS CONTINUENT-ELLES ?

Les données sur l’emploi annoncées en février aux États-Unis, inférieures aux attentes du marché, soutiennent la baisse des taux d’intérêt réclamée depuis longtemps par le président Donald Trump.

La Réserve fédérale américaine (Fed), qui achèvera mercredi prochain sa réunion de deux jours de son conseil de politique monétaire, sera soumise à de fortes pressions quant à ses prévisions pour la période à venir.

La Fed, qui a entamé un cycle de réduction des taux d’intérêt l’année dernière pour soutenir le marché du travail, devrait maintenir ses taux d’intérêt constants pour la deuxième fois consécutive lors de cette réunion.

Les contrats à terme sur les fonds fédéraux montrent que les investisseurs réduisent leurs attentes en matière de baisse des taux cette année. La hausse rapide des prix du pétrole a encore accru les inquiétudes concernant l’inflation, qui est déjà supérieure à l’objectif de la Fed. Cela pourrait conduire à un nouveau conflit entre la Fed et Trump dans les mois à venir.

La Banque du Canada se réunira également mercredi. Les traders prévoient que la banque centrale augmentera ses taux d’intérêt de 25 points de base d’ici la fin de l’année.

3. DÉCISIONS DE LA BCE, DE LA SUISSE ET DE LA BOE SUR LES TAUX D’INTÉRÊT

Les réunions des comités de politique monétaire des banques centrales européenne, suisse et britannique se tiendront jeudi prochain.

L’Europe, qui dépend des importations d’énergie, est confrontée à une épreuve difficile en raison de la hausse rapide des prix du pétrole. On se souvient encore des mauvais souvenirs créés par l’affirmation selon laquelle la première hausse de l’inflation en 2022 était temporaire.

Alors que les marchés s’attendent désormais à ce que la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse (BNS) augmentent leurs taux d’intérêt cette année, les baisses de taux d’intérêt attendues de la Banque d’Angleterre (BoE) sont rapidement tombées à l’ordre du jour.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui souligne depuis des mois que la BCE est dans une « bonne position », sera probablement confrontée à des questions difficiles sur la façon dont elle perçoit la situation actuelle.

La BoE, en revanche, dispose d’une marge d’action beaucoup plus étroite. Il y a quelques semaines à peine, une baisse des taux d’intérêt était prévue pour mars, mais cette baisse a été complètement suspendue en raison d’une inflation confrontée à une nouvelle pression à la hausse.

4. BIENVENUE

Dans les pays du G10, seules la Banque de réserve d’Australie et la Banque du Japon (BoJ) ont augmenté leurs taux d’intérêt.

Le goulot d’étranglement énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient a conduit à une crise énergétique, notamment en Corée du Sud et au Japon, qui reçoivent la quasi-totalité de leur pétrole des pays du Golfe.

Les analystes estiment qu’il y a 70 pour cent de chances qu’une hausse des taux d’intérêt de 25 points de base soit prévue lors de la réunion de la Banque de réserve d’Australie mardi prochain.

Pour la BoJ, la situation est bien plus compliquée. La possibilité que la hausse des prix de l’énergie puisse porter un double coup à l’économie japonaise dépendante des importations, avec une croissance faible et une inflation élevée, a bouleversé les attentes concernant la prochaine augmentation des taux d’intérêt.

5. QUELLE ORIENTATION ?

Les banques centrales des pays en développement ont changé de cap, passant d’une baisse des taux d’intérêt à une hausse des taux d’intérêt, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

On s’attendait depuis longtemps à ce que les autorités brésiliennes, qui annonceront mercredi prochain leur décision sur les taux d’intérêt, entament un cycle d’assouplissement des taux d’intérêt, qu’elles ont maintenus au plus haut des 20 dernières années, à 15% depuis juillet.

Cependant, la hausse rapide des prix du pétrole due à la guerre en Iran a amené les analystes à modifier leurs prévisions. Alors que certains experts s’attendent désormais à une baisse des taux d’intérêt de 25 points de base au lieu de 50 points de base, d’autres pensent que la baisse des taux d’intérêt pourrait être complètement suspendue en raison des pressions inflationnistes.

Alors que la Banque centrale de la République de Turquie (CBRT) suspend ses baisses de taux d’intérêt, les responsables de la banque centrale de Pologne pourraient envisager d’attendre un peu avant la prochaine baisse des taux d’intérêt après celle de ce mois-ci.