Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, a annoncé cette décision dans la lettre qu’il a envoyée aux actionnaires le jour de l’annonce des résultats financiers 2025. L’année 2025 a été marquée par une baisse des bénéfices de l’entreprise et le début d’une vaste restructuration.
Blume a déclaré que des décisions difficiles doivent être prises pour une durabilité à long terme et a déclaré :
« Notre responsabilité d’entreprise et nos objectifs de croissance durable nous obligent à prendre des décisions claires et responsables, notamment en Allemagne. »
Les premières économies commencent en 2025
Volkswagen a déjà fait les premiers pas dans le cadre d’une restructuration. Selon le communiqué de l’entreprise, environ 1 milliard d’euros ont été économisés en 2025 grâce aux conventions collectives et aux premières mesures de réduction des effectifs.
Cependant, il n’a pas encore été annoncé dans quels domaines se concentreront les futurs licenciements. Il est indiqué que certaines marques du groupe ont lancé leurs propres programmes d’efficacité.
Dans ce contexte, Audi et Porsche ont conclu divers accords de restructuration afin de réduire les coûts et de s’adapter à la nouvelle transformation de l’industrie automobile. L’industrie traverse actuellement une période de changements majeurs, notamment en raison de l’électrification, de la concurrence mondiale et de l’augmentation des coûts de la chaîne d’approvisionnement.
Une année difficile pour Volkswagen
Le plan de licenciement intervient après une année difficile pour l’entreprise. Volkswagen a réalisé un bénéfice net de 6,9 milliards d’euros en 2025. Ce chiffre représente une baisse de 44 % par rapport à l’année précédente.
Le bénéfice net pour les actionnaires s’est élevé à 6,67 milliards d’euros, en baisse de 37,7% par rapport à 2024.
Les principales raisons de cette baisse sont les suivantes :
Les changements apportés par Porsche dans sa stratégie produit ont conduit à une réévaluation des investissements électriques.
Les tarifs douaniers imposés par les États-Unis ont augmenté les coûts de l’entreprise.
Malgré cela, les revenus de l’entreprise sont restés globalement stables. Le chiffre d’affaires total de Volkswagen s’est élevé à 321,9 milliards d’euros, soit une baisse de seulement 0,8% par rapport à l’année précédente.
Les ventes de véhicules ont légèrement diminué
Le groupe Volkswagen a vendu 9,022 millions de véhicules dans le monde en 2025, ce qui représente une légère baisse de 0,2% par rapport à 2024.
La croissance des ventes en Europe a été compensée par une baisse des ventes aux États-Unis et en Chine. Ces deux pays restent l’un des marchés les plus importants pour l’industrie automobile.
La rentabilité a considérablement baissé
Le bénéfice d’exploitation de l’entreprise a chuté de 53,5% à 8,86 milliards d’euros. Ainsi, le ratio du résultat opérationnel rapporté au chiffre d’affaires a diminué à 2,8%. Ce taux était de 5,9% l’année précédente.
Selon le bilan de l’entreprise, le changement de stratégie de Porsche a engendré un coût d’environ 5 milliards d’euros. Les droits de douane américains ont entraîné une charge supplémentaire de 2,9 milliards d’euros.
Volkswagen a même annoncé une perte au troisième trimestre de l’année. Durant cette période, la perte de la société imputée aux actionnaires s’est élevée à 483 millions d’euros. La raison en est la décision de Porsche d’abandonner certains projets électriques et d’étendre la production de modèles à moteur à combustion interne.
Le dernier trimestre de l’année a été plus positif et l’entreprise a réussi à clôturer l’année avec un bénéfice.
L’entreprise a déclaré qu’en excluant les dépenses extraordinaires et les tarifs douaniers américains, le bénéfice d’exploitation atteindrait 17,7 milliards d’euros, ce qui signifierait une augmentation de 5,5%.
Structure de trésorerie solide
Malgré la baisse de rentabilité, Volkswagen souligne que sa structure financière est solide.
Le cash-flow a augmenté de 24,3% à 6,45 milliards d’euros. Les liquidités de la division automobile ont augmenté à 34,5 milliards d’euros.
Arno Antlitz, directeur financier de Volkswagen, a déclaré que 2025 se déroulerait dans des conditions difficiles et a fait l’évaluation suivante :
« L’année 2025 a été remplie de tensions géopolitiques, de droits de douane et d’une intense pression concurrentielle. »
Baisse des dividendes
La direction de l’entreprise a proposé aux actionnaires un dividende de 5,26 euros pour les actions privilégiées et de 5,20 euros pour les actions ordinaires pour 2025. Ce chiffre est inférieur de 17 % à celui de 2024.
Attentes pour 2026
La direction de Volkswagen s’attend à ce que la rentabilité se rétablisse progressivement en 2026.
Selon les estimations de l’entreprise, la marge bénéficiaire d’exploitation pourrait se situer entre 4 % et 5,5 %. Les revenus peuvent augmenter entre 0 % et 3 %. Cependant, l’entreprise a averti que l’incertitude dans le commerce mondial, les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés de l’énergie et des matières premières persisteraient.
Un géant automobile multimarque
Volkswagen est l’un des plus grands constructeurs automobiles au monde et comprend de nombreuses marques. Il s’agit notamment d’Audi, Porsche, Skoda, Seat et Cupra.
Le plan de restructuration annoncé par l’entreprise vise à maintenir la compétitivité du groupe dans une période où l’électrification, les nouvelles technologies et la concurrence mondiale dans l’industrie automobile s’accroissent rapidement.
La réduction de l’emploi de 50 000 personnes d’ici 2030 sera l’une des étapes les plus importantes de ce processus de transformation.