Le projet de loi exigeant le report des élections en Nouvelle-Calédonie, déposé par les socialistes, a été discuté au Sénat, la chambre haute du Parlement français.
Lors du vote au Sénat, le projet de loi a été accepté par 324 voix « oui », tandis que 19 sénateurs se sont abstenus.
Le projet de loi prévoit le report des élections pour déterminer les membres du Congrès et des conseils régionaux, qui devaient se tenir le 15 décembre en Nouvelle-Calédonie.
Dans le cadre du projet de loi, il est prévu d’organiser des élections sur l’île jusqu’au 30 novembre 2025.
Afin de reporter les élections en Nouvelle-Calédonie, le projet de loi doit également recevoir l’approbation de l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement.
UNE RÉFORME CONSTITUTIONNELLE CONTROVERSÉE
Le peuple indigène de l’île, les Kanaks, trouve l’initiative de réforme constitutionnelle du gouvernement français contraire à l’accord de Nouméa signé en 1998.
Avec cette initiative de réforme constitutionnelle, le gouvernement entend permettre aux Français résidant sur l’île depuis au moins 10 ans de voter aux élections locales.
Les habitants de l’île, opposés à la réforme, manifestent depuis mai pour exiger que le gouvernement de Paris respecte l’accord de Nouméa.
Le gouvernement parisien prend depuis des mois des mesures restrictives à l’encontre des habitants de l’île et impose depuis environ 4 mois un couvre-feu nocturne en Nouvelle-Calédonie.
13 personnes ont perdu la vie dans les incidents qui ont éclaté depuis le 13 mai sur l’île, où des milliers de forces de sécurité françaises supplémentaires ont été dépêchées.
Le Premier ministre français de centre-droit Michel Barnier a annoncé le 1er octobre lors de son discours à l’Assemblée générale de l’Assemblée nationale que les élections régionales en Nouvelle-Calédonie étaient reportées.
Barnier avait annoncé que la réforme constitutionnelle controversée visant à augmenter le nombre d’électeurs sur l’île ne serait pas présentée au Congrès, où les deux chambres du parlement se sont réunies pour son approbation finale.
La Nouvelle-Calédonie a obtenu le statut d’autonomie avec l’Accord de Nouméa en 1998 et, dans cet accord, le droit de vote était limité aux personnes qui résidaient sur l’île avant 1998 et à leurs enfants afin d’éviter que les autochtones ne deviennent une minorité sur leurs propres terres. .